10/12/2016

Patagonie : l'Argentine du bout du monde

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21/11/2016 - 25/11/2016 ; Ushuaia - San sebastian

Tout est bien réglé chez les kiwis au départ d'Auckland. Enregistrement automatique et portique spécial pour les gros bagages, en 3 minutes je suis enregistré et prêt à m'envoler pour Buenos Aires. 11h de vol, je regarde les goonies, le seigneur des anneaux et une sieste plus tard on atterrit. Je suis parti à 20h et j'arrive à 16h le même jour. J'ai remonté le temps.
Mon avion pour Ushuaia est à 4h du matin. 12h d'attente. Je retire des pesos, 2000 max (120€) . La banque me charge de 94 pesos, 6€. C'est vraiment l'arnaque, les banques se gavent sur mon compte !!!
Impossible d'acheter une carte SIM à l'aéroport, je vais devoir attendre d'être à Ushuaia.

Dans l'avion pour Ushuaia il y a beaucoup de touristes et principalement des français. Est-ce à cause de Nicolas Hulot ou aux rayons des savons des supermarchés ?
Après l'atterrissage, le commandant de bord annonce la météo : ciel bleu, vent et 5°C. C'est la fin du printemps et les gens sont toujours  couverts avec doudounes et bonnets. Il est 8h du matin et me voilà en Patagonie argentine dans la ville la plus au sud du monde ! Mon vélo n'a pas souffert du voyage et après deux tours de clé, je l'enfourche direction le centre ville, à 4km. Je mets 30 minutes. Je goûte au puissant vent patagonien.
Ushuaia est une ville industrielle, touristique et chère. En Argentine l'inflation était de 40%  en 2016 , ça fait mal au portefeuille. Après un tour au supermarché je suis plus léger de quelques centaines de pesos . Mais au moins le vin et la bière ne sont pas surtaxés comme en Australie. Avec 2€ euros on peut se désaltérer .
Au centre ville, on trouve des magasins d'équipement de sport, de smartphones et de souvenirs. Mais en dehors des rues principales c'est plutôt : rue en terre, maisons aux multiples couleurs, garage sur le trottoir, boulangeries, minimarket, ... Dans la cour d'école, les enfants jouent au foot sur un terrain vague avec deux pneux en guise de cage.
Et puis presque personne ne parle anglais. Mes trois mots d'espagnol me permettent à peine d'acheter une carte SIM pour mon téléphone. Il va falloir que je m'améliore rapidement si je veux pouvoir discuter avec les locaux.
J'ai la chance d'être hébergé par Juan et Lili, un couple de médecins retraités qui parlent français. J'en apprends beaucoup sur l'Argentine et la Patagonie. C'est plus facile quand on parle la même langue !

Après deux nuits au chaud dans un lit douillet, je reprends la route. Le temps est clément, 10°C,  nuageux mais pas de vent. A la sortie de la ville je suis arrêté par un barrage policier. Ils scannent mon passeport, me demandent ou j'ai dormi et me laissent filer. Les collines sont recouvertes de forêt, parfois rasèe pour vendre ce précieux bois. La route est vallonée, et après un col à 400m d'altitude j'attaque une descente bien méritée avec une superbe vue sur le lac Fagnano. Je rencontre beaucoup de motards avec les sacoches pleines. Après 100km je m'arrête à la panaderia ( boulangerie) "La Union" dans la ville de Tolhuin. C'est une place de choix pour les cyclistes. Les pains, patisseries, chocolats et empanadas sont délicieux. Et Antonio le patron est un homme au grand coeur. Il est connu pour héberger les cyclistes de passage dans la région. Je commande quelques friandises et au moment de payer, on me propose de dormir dans une pièce voisine des cuisines. Lit, douche, chauffage, un petit paradis. Je passe la soirée à me gaver de sucreries tout en regardant le match de foot Barcelone-Glasgow Ranger. Vive la Patagonie !




Les jours suivants sont d'un tout autre acabit. Après Tolhuin, le terrain est plat et venteux. Les arbres ont fait place à la toundra et les rafales de vent me giflent. Les nuages dans le ciel sont presque statiques. Incompréhensible ! je ne peux dépasser 9km/h, je pousse aussi fort sur les pédales que dans d'un col hors catégorie. A Rio Grande, une ville industrielle et plutôt moche, je trouve un abri pour la nuit. Une petite maisonnette où les locaux font des offrandes de bouteille d'eau à la Difunta Correa. Protégé du vent et du mauvais sort je passe une nuit paisible. J'ai l'habitude de vivre avec le soleil. Mais sous ces latitudes les jours sont très longs : le soleil se lève à 5h et se couche à 22h, et durant la nuit il y a toujours un peu de luminosité. Il va falloir un petit moment pour que je m'habitue. Il ne fait pas trop froid, 15°C dans la journée. Pas de pluie en 5 jours, ça fait plus de 4 mois que ça ne m'était pas arrivé.

Après 300km depuis Ushuaia, le 25/11/2016, j'arrive à San Sebastian, le poste frontière argentin direction le détroit de Magellan au Chili.

Statistiques

Distance :  300km
Nb jours : 5
Nb jours de vélo : 3
Nb jours de repos : 2
Etape la plus longue : 126 km
Etape la plus courte :  99 km

Total depuis le début

Distance : 30237 km
Nb jours : 423
Nb jours de vélo : 290
Nb jours de repos : 133
Etape la plus longue : 257 km ( Australie, Nullarbor)
Etape la plus courte : 26 km
Plus haut col : 3045 m (Yunnan, Chine)
Crevaison : 11
Rayon cassé roue arrière: 9 ( ancien vélo décathlon à 100€)
temp. max/min : 49°C ( Australie) / -8°C ( Australie)


30000 km depuis Pekin en octobre 2015 !!!



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