17/07/2017

Argentine : Abra del Acay - Paso Sico

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01/05/2017 - 17/05/2017 ; Paso San Fransisco - Cafayate - Abra del Acay - Paso Sico

Quel froid !
 La descente du Paso San Francisco Argentin est splendide : des couleurs, des vigognes et de l'asphalte flambant neuf ! Mais ça ne me fait pas oublier le froid qui me pénètre jusqu'aux os. En arrivant au poste de douane argentin, je fais les formalités avec un douanier qui n'a pas envie de travailler et qui parle volontairement trop vite. Il râle et souffle car je le fais répéter. Mais il lui suffirait juste de parler lentement et d'articuler pour que je comprenne.
Aprés les formalités, je m'assois à l'abri du vent et sort mon déjeuner : pâtes nature cuisinées la veille. Ce n'est pas pour les gourmets, mais ça me redonne des forces. En voyant mon repas un douanier me jette un bout de viande dans ma popote et me dit :
"Ici en Argentine on mange de la viande! Bon appétit".
La manière est un peu brutale mais la générosité est bien là. Je suis de retour en Argentine, ça c'est sûr ! Après m'être réchauffé, je continue la descente. Je ne me lasse pas de ces paysages colorés et je passe toute la descente la tête en l'air à les admirer. La route est parsemée de petits refuges: le coucher du soleil venu, je ne me gêne pas pour m'abriter et y passer la nuit. Deux bancs en béton, une cheminée et une radio pour joindre la gendarmerie. Après avoir écouté un peu de musique, j'entends la gendarmerie à travers la radio murale. Je ne comprends pas grand chose, la liaison est mauvaise. Je ne réponds pas. Dès que la nuit tombe, une voiture de police arrive. Le policier me demande pourquoi je n'ai pas répondu à leur appel. Je leur réponds que je ne comprenais rien à ce qu'ils disaient. Ça n'a pas l'air de les choquer puisqu'ils changent de sujet et me posent les questions usuelles :
- d'où tu viens ?
- pourquoi tu voyage en vélo ? ...
Après une bonne demi-heure de blabla ils s'en vont et je m'endors comme un bébé.

Le lendemain après 115km de descente j'arrive à Fiambala, un petit village bien connu des fans du Dakar. 1500m d'altitude, léger vent, soleil et température clémente: le plaisir !
Je squatte un petit camping, mange et me repose en compagnie de Martin un auto-stoppeur argentin. Un repos bien mérité après ces 5 jours dans le froid de la Cordillère.
Pour rejoindre Londres sur la ruta 40 et reprendre ma route vers le nord je décide de suivre la ruta de la cuesta de Zapala. Une route fermée à la circulation à cause des éboulements. Les locaux me disent qu'en vélo ça passe!
Exact, ... mais en poussant. La route n'est plus entretenue depuis des années et ça se voit. Je passe plus de 10km à pousser dans les cailloux. Mais au moins je ne suis pas gêné par l'odeur des pots d'échappement 
Puis c'est le retour sur le goudron de la ruta 40 jusqu'à Cafayate. Sur la route, je rencontre une famille française partie sur les routes d'Amérique du Sud pour sept mois en compagnie de leur deux enfants. Ils m'invitent à partager un dîner de roi dans leur camping-car​ et déguster un petit génépi pour la digestion : "le petit Jésus en culotte de velours".



Abra del Acay

A Cafayate, j'en profite pour faire un peu de gras avant d'attaquer de nouveau la montagne. Pour l'Argentine les prix sont "corrects". 60-90 pesos (3-5€) la douzaine d'empanadas, 30-50 pesos le sandwich à l'escalope milanaise, ... Je croise pas mal de voyageurs en tout​ genre. C'est l'occasion de partager quelques bières et bouteilles de pinard 

250 km de piste avec vent de face. Voilà mon défi jusqu'à l'Abra de Acay, le plus haut col de la ruta 40, 4995 mètres au dessus du niveau de la mer selon le panneau au sommet. En réalité le point le plus haut est à une altitude de 4972m. On ne va pas chipoter pour quelques dizaines de mètres.
Il me faudra 5 jours pour en venir à bout. Entre temps je croise quelques petits et grands villages (Angastaco, Cachi, La Poma, ...). Les gens sont plus typés "Boliviens". Je retrouve de petits vendeurs de bouffe dans la rue. Un avant gout de Bolivie 

Au dessus de 2500m je mets ma tenue "grand froid": chaussettes étanches, collant, polaire plus coupe-vent, bonnet et une barbe épaisse de trois mois.

Entre les villages, quelques rares petites maisons de berger et des vigognes partout. Je suis toujours impressionné par l'aisance avec laquelle elles escaladent les pentes à plus de 4000m d'altitude. Alors que moi qui pousse mon vélo et suffoque à cause de la route en mauvais état ou très pentue, elles courent tranquillement pour fuir ma présence !
Plus je monte, plus la route est en bon état, mais ça ne m'empêche pas de souffrir ! Au dessus de 4500m d'altitude, le moindre effort est éreintant. De plus, les arpenteurs ont décidé de me rendre la tâche ardue. Sur les 15 derniers kilomètres, je monte plus de 1000 mètres de dénivelé, avec des pentes à plus de 10%. Dur dur !!! Et puis ce put... de vent de face qui ne me lache pas, m'envoie de la terre dans la gueule et me fait souffrir jusqu'au dernier mètre.
Même dans la descente il m'emmer...

Et la poisse continue, on est dimanche quand j'arrive à San Antonio de Los Cobres. Un village, chef lieu de cette région perdu à 3800m d'altitude. Seules quelques épiceries sont ouvertes et pas très fournies. A part du dulce de leche, des gâteaux et du pain rassis, il n'y a rien. Les auberges sont trop chères. Je grimpe sur les hauteurs de la ville, où je squatte le cimetière, en grignotant un bout de pain dur ☹. Je n'ai aucune envie de rester ici plus longtemps ! Le lendemain aux aurores, je décolle en direction du Paso Sico. Un col frontière entre l'Argentine et le Chili.




Paso Sico

Sur la route, je rattrape 4 français en vélo:
Coco et Jo de cook&cycle qui ont décidé de partir un an avec comme leitmotiv de faire partager la recette des crépes aux habitants rencontrés sur les routes d'Amérique du Sud et du Sud-Est asiatique , et puis  Jerem et Mad.
J'avais vu leurs traces dans la descente de l'Abra del Acay. Nous voilà 5 cyclistes français à l'assaut des Andes en direction du Chili. C'est beaucoup plus sympa de rouler en groupe et de discuter. Mais ça ne gomme pas la difficulté de chacun pour avancer! Le vent souffle toujours en pleine face, il fait froid la journée et la nuit est glaciale. Bienvenue dans les Andes en hiver !
Nous avançons lentement au rythme des plus lents.
Heureusement dans ces contrées reculées et rudes, il y a toujours des personnes au grand cœur. A Catua, un petit village, une femme nous invite à déjeuner. Elle vit chichement et pourtant elle nourrit 5 cyclistes affamés et nous offre en plus des biscuits pour la route. MERCI  !!!

Arrivés à la douane en fin d'après-midi, on demande l'hospitalité pour la nuit. Le militaire nous emmène dans un bâtiment adjacent au poste de douane. Chauffage, lits, cuisine et douche, le luxe à 4000m d'altitude. Le vent souffle toute la nuit. On est bien content d'être entre 4 murs. On partage les locaux avec deux techniciens télécoms argentins. Ils nous racontent quelques histoires autour d'un café. On apprend l'histoire du malbec, un cépage français qui s'est bien adapté au climat argentin. Mais aussi, qu'ici en hiver, il fait tellement froid que les bidons de 20 litres d'eau gèlent entièrement à l'intérieur des voitures. Et ils concluent par : "Vous n'avez pas choisi le bon moment" 
Et puis  le lendemain matin, ça se complique: on tombe sur un douanier chilien tatillon qui nous demande des papiers pour les vélos : numéros de série, marque, ... Nous ne les avons pas. A chaque poste frontière une nouvelle tracasserie. Celle-ci plutôt cocasse nous fait perdre plus d'une heure au bureau de douane.
Le douanier en bon fonctionnaire prend tout son temps, juste pour nous faire chier !
Bienvenidos a Chile 




Tout n'est pas si dur

L'humeur lors de mon voyage à vélo dépend beaucoup de la météo et des gens que je rencontre. Mon aventure peut sembler difficile, mais il ne faut pas oublier que j'ai tendance à choisir les routes ou les pistes atypiques. Parmi les cyclistes que je rencontre, je suis un des rares qui ne recule pas devant les difficultés de la haute montagne. La beauté et la diversité des paysages sont mes récompenses.

Ce n'est pas facile tous les jours mais je suis en vacances et je prends quand même un grand  plaisir à atteindre les objectifs que je me suis fixé, même si ça ne se ressent pas toujours dans mes textes !
 Vive les vacances 

Statistiques

Distance :  1173 km
Nb jours : 17
Nb jours de vélo : 14
Nb jours de repos : 3
Etape la plus longue :  117 km
Etape la plus courte :  35 km
Plus haut col : 4995m, Abra del Acay, Argentine

Total depuis le début

Distance : 42240 km
Nb jours : 597
Nb jours de vélo : 408
Nb jours de repos : 189
Etape la plus longue : 257 km ( Australie, Nullarbor)
Etape la plus courte : 26 km
Plus haut col : 4995m, Abra del Acay, Argentine

Crevaison : 12
Rayon cassé roue arrière: 9 ( ancien vélo décathlon à 100€)
temp. max/min : 49°C ( Australie) / -10°C ( Paso San Francisco, Chili)

La Suite...

05/06/2017

Chili : Du désert d'Atacama au paso San Francisco

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20/04/2017 - 30/04/2017 ; Paso Agua Negra - La Serena - Copiapó - Paso San Francisco

Terrible de vent de face, même dans la descente il ne me laisse pas tranquille. J'ai dû pousser le vélo pour passer le paso Agua Negra à 4753m tellement il était fort. J'espérais qu'il me laisserait tranquille jusqu'à la Serena, deux cents kilomètres plus bas, mais c'est raté: je ne dépasse pas les 17km/h en pédalant dans la descente.
La  rivière qui longe la vallée de l'Elqui  irrigue les vignobles perchés sur le flanc des montagnes. Aux alentours de 1600m d'altitude j'aperçois les premières vignes. Joli constraste au milieu de ces monts secs et rocailleux. Les chiliens utilisent ces vignes pour faire un peu de vin mais surtout une eau de vie de vin bien connue en Amérique du Sud le pisco.

Quelle bonheur de retrouver le bord de mer, la chaleur et la douceur d'un hôtel. C'est la saison basse, il est presque vide. Pour partager une bière et du vin, je trouve tout de même des compagnons. Je fête le trentième anniversaire de mon frère avec le gérant de l'hôtel, qui garde les yeux scotchés sur la TV qui diffuse les matchs de football de la première league anglaise.

La Serena n'est pas vraiment une cité balnéaire, il n'y a pas de plages agréables et l'architecture n'est pas grandiose, mais la place centrale est mignone et le petit marché aussi. A la brocante du dimanche je trouve un nouveau rétroviseur. Le précédent a été arraché lors de la tempête de sable que j'ai subie au pied du paso Agua Negra.
Je quitte la Serena après deux nuits et quelques dizaines de crêpes au manjar (lait concentré au caramel).



Atacama

Je file vers le nord et la région d'Atacama par la route 5, la Panaméricaine. Le décor est désertique et les seules plantes qui survivent dans ce milieu aride sont les cactus. En haut d'une petite côte je rencontre Cyrille, un cycliste français de 65 ans qui parcourt l'Amérique du Sud. Même prénom, même nationalité, cyclistes tous les deux: les hasards de la route nous ont réunis. Il profite de sa retraite pour réaliser son rêve. On passe une bonne heure à discuter et raconter nos péripéties respectives, et chacun reprend sa route.

Je pensais que la route serait plate à mourir comme dans le désert australien. Mais j'enchaîne les montées-descentes de plusieurs kilomètres et ce n'est pas rare que j'atteigne les 1000 mètres d'altitude. Le trafic n'est pas dense mais les camions sont nombreux. Heureusement la nuit venue, trouver une place pour dormir au calme est plus que facile. Je dois juste éviter le sable et les épines de cactus pour me préserver et ménager ma tente. Le paysage à l'aube et au crépuscule est splendide. Les températures varient entre 25°C la journée et 5°C la nuit. Parfait ! Je profite pleinement de ces jours de plaisir avant d'aller affronter la Cordillère des Andes.

Paso San Francisco

A Copiapó, une ville minière poussiéreuse et sale, je fais mes courses et je me prépare mentalement pour traverser de nouveau les Andes par le paso San Francisco. Il vient juste de rouvrir après 5 jours de fermeture pour cause de neige. L'hiver approche il ne faut pas que je traîne !
J'ai rechargé mon smartphone et ma liseuse avec mon panneau solaire. Je suis prêt.

Je me trouve à 600m d'altitude et le paso San Francisco est à 281km pour une altitude de 4726m. La montée ne devrait pas être trop ardue. La seule difficulté c'est l'eau. Le côté chilien est sec, aucune rivière ou ruisseau sur ma carte. Mais il y a quelques mines, donc forcément de l'eau: sera-t'elle directement accessible ou seulement canalisée? à voir! Je me charge seulement avec 4 litres. Suffisant pour boire et cuisiner pour deux jours. En altitude je n'ai pas énormément soif.
La montée est douce, la piste est en bon état: bien tassée avec une fine couche de bitume par dessus. J'ai un léger vent de dos, je monte sans forcer. Certains passages sont plus pentus et encaissés mais juste sur une petite dizaine de km.
Le désert d'Atacama est extrèmement sec: pas un arbre, pas un buisson . Même les sommets à plus de 4000m ne sont pas enneigés. J'ai la chance le premier jour de trouver un petit ruisseau aux alentours du point kilométrique 80. Il a fait plutôt chaud aujourd'hui et j'ai presque bu toute mon eau. Je monte ma tente sur petit plateau à 2600m d'altitude en compagnie de chèvres, et d'ânes, tout près d'une petite cabane de berger.

Un peu plus loin, le deuxième jour, je rencontre un mineur qui m'offre un soda à la papaye.  Au sommet d'une longue côte, je regarde mon altimètre qui affiche 4000m d'altitude. Avant de partir, je n'ai pas regardé le profil de la route jusqu'au col et je pensais que la montée serait régulière. Je comprends rapidement que ça ne sera pas le cas. Il me reste encore plus de 150km jusqu'au paso San Francisco.

Je passe un premier col à plus de 4300m et je redescends vers le salar de Maricunga et la douane chilienne à 3800m. J'ai fait 63km aujourd'hui, le vent est très fort et je suis rincé. En arrivant à la douane je demande l'hospitalité. Je sais que des lits sont prévus pour les voyageurs car j'ai rencontré deux gendarmes quelques minutes auparavant qui m'ont dit que je pouvais dormir au chaud ce soir.
Et bingo! Un douanier me dirige vers une pièce pour la nuit: huit lits superposés. J'ai l'embarras du choix . Il y a de l'électricité mais pas de chauffage: bien mieux que ma tente quand même! Vers 20h, déjà dans mon duvet prêt à dormir, le douanier vient me demander de changer de pièce pour y loger une mère et sa fille qui arrivent. Il ne veut pas mélanger hommes et femmes. Il m'installe dans sa chambre avec chauffage et TV. Le grand luxe. Suspendu au mur un grand panneau interdit de fumer; mais ça ne l'empêche pas de s'en griller quelques unes en regardant la TV.

La douane ouvre à 9h. Enfin, devrait ouvrir à cette heure là!  Mais on est dimanche et le douanier n'arrive qu'à 9h45. Il n'y a pas d'électricité. Du coup, impossible de scanner mon passeport. J'espère que le tampon suffira et que le douanier fera la "paperasse informatique" nécessaire plus tard. Sinon je risque d'avoir des problèmes lors de mon retour au Chili. Il est 10h, il fait -2°C et je roule en direction de la Laguna verde à 80km. Toutes les infos du web indiquent un petit refuge avec des termes et des lits. Je monte jusqu'à 4600m d'altitude, puis la route redescend légèrement vers la lagune à 4300m d'altitude. Trente kilomètres avant la lagune le goudron fait place à la piste. De la tôle ondulée, du sable, des graviers, un "bon" chemin comme je les déteste. Je dépasse rarement les 10km/h malgré un vent de dos assez fort. Mais je suis récompensé quand j'arrive au refuge. Une  cabane en tôle ondulée bien rouillée avec une petite table, des lits et une minuscule piscine intérieure avec de l'eau à 35°C. Il fait 5°C dehors avec un fort vent. Un bain chaud réconfortant, et de l'eau soufrée qui me permet de me nettoyer profondément. Je retrouve une peau de bébé!

Au réveil il fait 1°C dans le refuge et dehors -10°C. Bien emmitouflé, je pars à l'assaut du paso San Francisco. Il est à 21km mais il se fait languir. La piste est vraiment mauvaise et  monte fort. Trois heures de selle pour en arriver à bout. Il est midi, il fait -6°C et je suis en haut du paso San Francisco à 4726m d'altitude. Il y a un peu de neige mais pas autant que je le croyais. Côté argentin, la route est goudronnée et je file à plus de 60km/h dans la descente. Il fait très froid mais que c'est bon de descendre! Le paysage est extraordinaire : montagnes rouges, enneigées et couvertes d'herbes jaunies. Avec un grand salar en fond et quelques vigognes qui traversent la route. SPLENDIDE !!! Je suis émerveillé comme un gamin et satisfait de mon effort !!!





C'est ma deuxième traversée des Andes par un col à plus de 4700m. Je commence à être habitué à l'altitude même si certaines montées en haute altitude me coupent encore le souffle. J'ai toujours un peu mal à la tête la nuit mais rien de bien méchant.
Contrairement au côté chilien du paso San Francisco qui est aride et caillouteux, le côté argentin est coloré et sauvage. Il y a très peu de trafic. Juste quelques voitures de mineurs le matin et le soir. Sinon c'est le silence complet. Enfin quand le vent ne souffle pas. Je l'ai eu quasiment dans le dos tous les jours, ce qui m'a permis d'arriver jusqu'au paso San Francisco en trois jours et demi depuis Copiapó.

Statistiques

Distance :  837 km
Nb jours : 11
Nb jours de vélo : 10
Nb jours de repos : 1
Etape la plus longue :  127 km
Etape la plus courte :  51 km
Plus haut col : 4726m, paso San Francisco, Chili-Argentine


Total depuis le début

Distance : 41167 km
Nb jours : 580
Nb jours de vélo : 394
Nb jours de repos : 186
Etape la plus longue : 257 km ( Australie, Nullarbor)
Etape la plus courte : 26 km
Plus haut col : 4753 m (paso Agua Negra, Argentine-Chile)
Crevaison : 12
Rayon cassé roue arrière: 9 ( ancien vélo décathlon à 100€)
temp. max/min : 49°C ( Australie) / -10°C ( Paso San Francisco, Chili)





La Suite...

05/05/2017

Argentine : el paso Agua Negra, 4753m d'altitude

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10/04/2017 - 19/04/2017 ; Adelia Maria - San Juan - Paso Agua Negra.

Je quitte la famille Carletti qui m'a encore accueilli les bras ouverts : merci infiniment . Sur la route je m'arrête dans la petite école rurale où Paola enseigne. J'arrive à aligner 3 mots d'espagnol sans trop d'erreur. J'improvise un petit cours de géographie aux enfants en leur présentant mon parcours. La majorité des gamins sont issus de communautés rurales ou de fermes éloignées. Certains font même des kilomètres à cheval pour venir à l'école. Une photo de "classe" et je repars.
Je vais en direction de San Juan et de la Cordillère des Andes. Je reprends en sens inverse la même route par laquelle je suis arrivé il y a deux mois à Adelia Maria . Je passe faire un petit coucou à Daniel, le propriétaire d'une épicerie dans le village de Bulnes. Tout étonné de me revoir ! Séances photos et c'est reparti. Je traverse des champs, rien de magique, surtout avec le vent de face
Mais quand j'aperçois les premières montagnes aux alentours de la Toma le sourire revient. Plus de deux mois de longues et plates lignes droites à travers champs. Quelques montées-descentes ça va faire du bien.

J'arrive à San Juan le 15/04/2017 chez Santiago et sa copine, un couple argentin travaillant à l'université qui m'accueille pour deux nuits. Au menu : grillades, bières, vins, crêpes et empanadas. Un moment super sympa pour fêter mes 40000km !!!  Rempli d'énergie je me mets en selle direction la Cordillère pour entamer mon second tour de la planète.

Les choses sérieuses "recommencent". Les Andes et les grands sommets se rapprochent. Je suis excité comme un gamin à Noël ! Il ne pleut presque jamais par ici, sauf quand je passe. Après une première nuit humide, au petit matin il pleut toujours. Je suis à 1600 mètre d'altitude et il fait 10°C. Je plie mes affaires et j'attaque la montée. Je dois franchir un col à 2600m. Ça monte progressivement mais cette pluie gâche un peu le plaisir de grimper. En haut du col j'ai même droit à de la grêle Mais quelques kilomètres plus loin le ciel s'éclaircit et je profite pleinement de la descente sous le soleil: 20km à plus de 60km/h, c'est le pied !!!



Paso Agua Negra

A 14h, j'arrive devant le poste frontière argentin. Et là, c'est la douche froide . Le col Agua Negra à 4753m qui doit me mener au Chili à travers la Cordillère est fermé à cause d'une tempête de neige. Pourtant les prévisions météo étaient optimistes. Á cette altitude le temps change très vite et très souvent. Le douanier me dit qu'il ne réouvrira pas avant le lendemain ou plus, suivant la quantité de neige tombée. Je suis bloqué au pied des Andes par le mauvais temps. Je passe la nuit en face de la gendarmerie dans le petit village de Las Flores tout en espérant que le col ouvrira le plus tôt possible.
Le lendemain vers 10h, il y a une file de plusieurs voitures bloquées devant le poste frontière. Le col semble toujours fermé. Alors que je m'approche du guichet, le douanier me dit que c'est bon: je peux passer. Le col ouvre à l'instant. Les conditions sont bonnes. Je fais tamponner mon passeport et je pédale en direction du col. Une montée continue de 91km pour 3000m de dénivelé positif. De longues heures de vélo.

Pas un nuage, ciel bleu, léger vent de dos. Les conditions sont parfaites. Les sommets devant moi sont enneigés. Le paysage est magnifique. Ça monte progressivement, pas de pourcentage excessif. Au détour d'un virage, des hommes sur un chantier m'interpellent. Ils partagent leur repas de midi avec moi : pain et charcuterie. Un régal. Le ventre plein, je continue la montée tranquille. Après 58km, la route se transforme en piste. Le goudron fait place à la terre. Il est 16h30, mes jambes sont fatiguées. Je décide de m'arrêter là pour aujourd'hui. Je suis sur un grand plateau avec quelques monticules pour me protéger du vent. C'est parfait. J'espère passer une nuit 3 étoiles à 3700m d'altitude.

J'installe ma tente et je m'allonge. Une heure plus tard, je commence à avoir mal à la tête, puis vers 23h ça s'agrave. J'ai mal à la tête, mes bras et mes jambes sont tétanisés. C'est le mal aigü des montagnes, impossible de dormir, la douleur est trop vive. Vers 4h du matin enfin je m'endors. À 7h30  je suis réveillé par le vent qui souffle, ou plutôt par le bruit du  sable qui est projeté sur ma tente. Je range mes affaires en urgence et je pars affronter la dernière partie du col. Le vent souffle extrèmement fort. Impossible de rester sur le vélo. Je pousse ! Puis la tempête se déchaîne: des tornades de sable s'abattent sur moi. J'ai du mal à tenir debout. Le sable me fouette si fort que j'ai l'impression de recevoir en permanence une volée de plomb ! Au bout de 2km de combat, j'abandonne et je fais demi-tour. Trop dangereux. Je m'abrite dans une cabane de chantier de 3m² que j'avais repéré la veille. C'est démentiel, la montagne est féroce ! Je patiente 45min en espérant que la cabane résiste. Puis la tempête se calme. Le vent souffle toujours fort mais sans bourrasques. Je repars. Je n'ai presque pas dormi de la nuit à cause du mal d'altitude et au matin je dois lutter contre une tempête de sable. La journée s'annonce rude.

A certains endroits le vent est si fort que je descends de vélo pour pousser, impossible de pédaler. Mais le décor est magique, splendide, j'en prends plein les yeux. Au dessus de 4500m, je souffre physiquement . La piste est mauvaise, le vent souffle fort : putain je subis !!! Je mets plus de 15 minutes pour faire les 500 derniers mètres (moyenne 2 km/h !). Je n'ai plus de forces, plus de jambes et encore moins de mental. Tous les 50 mètres je m'arrête pour reprendre mon souffle. Le vent me fouette en pleine face. La montagne et les éléments se sont coalisés contre moi.
Mais je ne compte pas abandonner si près du but et j'arrive en haut du col à 15h03 après 5h et 33km de combat. Au sommet rien ! Un replat désertique et caillouteux où trône un portique signalant le point le plus haut. Quelques photos pour le souvenir et j'attaque la descente. Je suis au Chili mais la douane est à plus de 80km. Ouf ! ça descend.



Malgré le fort vent de face, je file à plus de 40km/h sur de la piste !!! La pente est très forte. Je passe la nuit à 3800m mais cette fois-ci​ plus de mal d'altitude. Juste un léger mal de tête. Je suis tellement fatigué, que ce soir là, je n'ai pas la force de manger. A 18h je m'endors alors qu'il fait encore jour. Je dors profondément jusqu'à 7h30 du matin. Au réveil il fait -3°C et je dois plier mes affaires pour rejoindre le poste de douane. Ça descend encore, c'est facile mais avec le froid je me gèle !!!  Le côté chilien est très encaissé, le soleil n'atteind pas encore la route en ce début de matinée. Le paysage est superbe au milieu de ces pics à plus de 5500m d'altitude.
Vers midi j'arrive à la douane. Je suis à 2400m d'altitude, le soleil et la chaleur sont de retour. Il me reste encore 200km de descente jusqu'à La Serena et l'Océan Pacifique

Statistiques

Distance :  1069 km
Nb jours : 10
Nb jours de vélo : 9
Nb jours de repos : 1
Etape la plus longue : 150 km
Etape la plus courte :  58 km
Plus haut col : 4753m, paso Agua Negra, Argentine-Chili
Crevaison : 1


Total depuis le début

Distance : 40330 km
Nb jours : 569
Nb jours de vélo : 384
Nb jours de repos : 185
Etape la plus longue : 257 km ( Australie, Nullarbor)
Etape la plus courte : 26 km
Plus haut col : 4753 m (paso Agua Negra, Argentine-Chile)
Crevaison : 12
Rayon cassé roue arrière: 9 ( ancien vélo décathlon à 100€)
temp. max/min : 49°C ( Australie) / -8°C ( Australie)



La Suite...

21/04/2017

Argentine, Uruguay, Brésil, Paraguay : 3000km et 4 pays

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10/03/2017 - 09/04/2017

Uruguay

Assis dans la benne d'un pick up, avec Yohan, on traverse le pont ( Gualeguaychú - Fray Bentos ) qui sépare l'Argentine de l'Uruguay, le second plus petit pays d'Amérique du Sud avec ses 3.8 millions d'habitants. Nos chauffeurs, un couple de médecins Argentins nous aident à décharger nos vélos.
Les formalités sont simples pour rentrer en Uruguay, un tampon pour 3 mois. Les douaniers sont en train de jouer sur leur téléphone quand on entre dans le bureau. On les interpelle d'un "buenos días" pour qu'ils veuillent bien se déplacer jusqu'au comptoir. Ils nous regardent et il leur faut plusieurs dizaines de secondes pour qu'ils viennent nonchalemment faire leur travail. On voit bien qu'on les dérange !
Comme au Chili, on ne peut pas rentrer avec des fruits, des légumes, de la viande, du miel, ... Mais pas de contrôle: ouf, j'ai de la charcuterie dans mes paniers . Le changement avec l'Argentine n'est pas frappant mais la route est en meilleur état, il y a une bande d'arrêt d'urgence et l'herbe sur les cotés est coupée à ras. Et surtout il fait plus chaud ! En traversant une rivière, le rio Uruguay, on a pris +5°C. Coté argentin, la route est plate alors qu'en Uruguay c'est bien vallonné. Les champs de maïs et de soja ont fait place aux champs de maté. Ici la plupart des gens se balladent avec le thermo et la tasse à maté. C'est impressionnant, même les autostoppeurs boivent le maté !

L'Argentine est un pays cher mais l'Uruguay l'est encore plus. Seuls les fruits et légumes sont moins chers. De toute façon on a pas l'intention de s'éterniser en Uruguay: deux à trois jours en suivant la frontière avec l'Argentine puis le Brésil. On traverse des petits villages, les villes de Paysandú et Salto.
Puis je quitte Yohan qui repart vers l'Argentine et je continue ma route vers le nord par la ruta 3. Des champs et de grandes lignes droites, et aussi des araignées, presque aussi grosses que des mygales. Sur la route et dans les champs elles sont partout. Mais elles ne sont pas agressives !!! Et ma tente ferme entièrement, je dors sur mes deux oreilles ☺. Tout au nord, proche de Bella Union, je me sens déjà au Brésil. Il y a des champs de canne à sucre partout, les gens parlent portugais et le soleil brûle.

Je fais tamponner mon passeport pour sortir de l'Uruguay.
 Quand je demande:
- où est la douane brésilienne?
 on me répond :
- dans la prochaine ville à 80 km !
Le village en amont de la rivière ne possède pas de douane. Je lui fais répéter pour être sur et elle me repond la même chose.


Brésil

Cette fois ci, je traverse le pont en vélo . Personne pour me l'interdire ! Côté brésilien, dans le village de Bara do Quaraí, à mon grand étonnement il y a un poste de douane. Mais c'est réservé aux camions. Enfin c'est ce que je comprends car le douanier parle portugais avec un accent chantant. Me voilà au Brésil "sans papier", mais comme un "migrant volontaire". On lit dans les guides, le routard, le lonely planet, que le vaccin contre la fièvre jaune est obligatoire à l'entrée par voie terrestre sur le terriroire brésilien. En France, en 2015, j'avais spécialement fait le vaccin pour ce cas là. Mais il faut croire qu'à cette frontière tout le monde s'en fout.

Des champs, des barbelés et beaucoup de camions, voilà le Brésil tel que je le vois. Rien d'extraordinaire. Au bord de la route, assis avec une assiette entre les mains, je rencontre un cycliste du Salvador. Il a une remorque pleine à craquer ! un mono cycle, des balles, des massues, .... il a une vingtaine d'années et a fuit le Salvador où la vie est difficile. Il voyage depuis plusieurs années et vit de ses talents d'artiste de rue. Toute sa vie est sur son vélo. Et ce gars là qui n'a rien, m'offre le peu qu'il a. Il veut partager son assiette, me propose des graines de tournesols, ... Je décline et je lui propose de lui donner ma nourriture mais il refuse. On partage un maté et je lui fait mes adieux. Ces rencontres me touchent toujours énormement et je me sais TRES chanceux de voyager pour le plaisir !!! Plus je voyage et plus je me rends compte qu'en France, en Europe nous sommes des privilégiés. La nuit venue, je galère à trouver un endroit pour planter ma tente. Barbelés, fermes, ... pas un endroit tranquille pour ma toile ! Et des moustiques partout. Le sud du Brésil ce n'est pas le top. Je décide le lendemain de repasser en Argentine. Le paysage est le même mais au moins je peux trouver plus facilement un endroit au calme pour la nuit. Deux jours au Brésil et je m'en vais !!

Argentine

Je traverse le rio Uruguay de nouveau. Sur le pont il y a des panneaux interdisant le passage des vélos et des piétons. Mais côté brésilien, pas de militaires pour m'empêcher de passer . Quand j'arrive en Argentine, un agent des douanes me fait signe. Je m'approche et il me dit qu'il est interdit de traverser le pont en vélo. Je lui réponds que je ne vais pas faire demi-tour. Il est embarrassé et ne sait pas quoi faire. Son chef arrive et me répète la même chose. Je ne réponds rien et après quelques minutes il me dit, embarrassé, que je peux aller faire tamponner mon passeport ! Mais pour me faire "chier" ils vérifient tous mes bagages au rayons X. Et ils sont tellement incompétents qu'ils ne savent même pas lire les résultats sur l'écran.
Ils me demandent à chaque bagage :
- qu'est que c'est ça ?
- et ça ? ...
Je perds 1 heure.
Pu... de douane !
Je suis en Argentine et content d'y être. Les Argentins sont un peuple accueillant et ils me le "rappellent" dès mon arrivé dans la ville de Paso de los Libres. Je m'arrête pour déjeuner sur la place centrale ou le wifi est gratuit. On vient me parler, partager un maté, ...
Je traverse la région de Corrientes et celle de Misiones. Cette dernière, est la "terre du maté". Des champs partout: verts, alignés au cordeau, du travail de "pro". C'est magnifique. Et tout ça sans barbelés. J'en profite pour m'approcher, toucher et sentir cette plante que j'apprécie tant. Soit ce n'est pas la saison, soit les feuilles nécessitent de sécher pour révéler leurs arômes car je ne sens absolument rien, juste l'odeur et le gout du "vert".

Proche de Posadas et du Paraguay je rencontre Rafael. Un cycliste voyageur accompagné de son chien. Pour ne pas changer on partage un maté et je l'écoute. Il aime parler et pendant 30min je ne peux pas en placer une .
Je voulais visiter les chutes d'Iguazu au Nord mais le "temps" me manque, car je veux retourner au Chili par un col à 4800 mètres ( el paso Agua Negra) et si je tarde trop, le froid, la neige vont arriver et le col sera fermé jusqu'à l'été prochain ! Je décide donc de zapper les chutes d'Iguazu mais de me rendre quand même au Paraguay, ce pays que très peu de touristes visitent.
Et de nouveau je dois traverser un pont mais cette fois-ci je me trouve côté argentin. Et les douaniers m'interdisent de passer en vélo. Toujours pour les même raisons : c'est dangereux il n'y a pas de bande d'arrêt d'urgence. Mais c'est pareil sur toutes les routes en Argentine !!! Je suis obligé de prendre le train (35 pesos, 2€) pour traverser le rio Paraná.


Paraguay

Changement drastique d'atmosphère quand je mets les pieds au Paraguay dans la ville d'Encarnacion. Il y a des boutiques partout, des vendeurs de rue, ... L'importation de marchandises étrangères en Argentine est très controlée et fortement taxée ! Du coup les frontaliers se rendent au Paraguay pour faire leurs achats. Dans les magasins on peut payer en Guarani ou en pesos argentins.
Les jours précédents il a beaucoup plu et cette terre rouge et collante a fini par pénétrer partout. Je roule, ou plutôt sur certaines portions de piste, je pousse, je tire, je traîne, je soulève mon vélo pour avancer. Je suis aussi sale que mon vélo. J'ai besoin d'une bonne douche et de laver mes affaires. Je m'arrête dans une auberge de jeunesse, 60000 Guarani (10€). Le Paraguay est un pays "bon marché". Je peux me faire plaisir sans me ruiner ☺.
Je retrouve Yohan le cycliste allemand qui m'avait accompagné au nord de Buenos Aires et en Uruguay. On partage quelques bières et je repars en solo direction la capitale Asuncion.
Cette région du Paraguay possède quelques sites historiques. En effet, les jésuites sont venus au 17e siècles s'installer avant d'être chassés  par les Portugais. C'est toujours intéressant de connaître l'histoire d'un pays et de visiter ce qu'il en reste. Mais cette fois-ci je passe mon tour. Je n'ai jamais été fan de religion, et encore moins de l'asservissement des peuples par ses missionaires associés aux colonisateurs .

Il faisait déjà chaud en Uruguay et en Argentine mais là mon thermomètre affiche plus de 40°C. Ajouté à l'humidité ça devient épuisant. Je bois plus de 6 litres par jour. Avec cette chaleur je n'ai pas beaucoup d'appétit. Le seul vrai repas que je fais est le petit déjeuner. Je me gave de chipa, ces petits pains à la farine de manioc fourrés au fromage. Ça ne coûte rien, de 0.25 à 1€ suivant la taille. Mais ça câle bien ! J'en profite aussi pour me remplir l'estomac de fruits. Comme en Asie dans les petits villages, les fruits se payent à l'unité et non au poids.
 La route est légèrement vallonée et il y a une bande d'arrêt d'urgence. Mais les autorités ont eu la mauvaise idée de jalonner la route de ralentisseurs tous les 50 mètres pour éviter que les conducteurs utilisent cette bande comme voie de circulation. Les ralentisseurs font la largeur de la bande d'arrêt d'urgence et je suis obligé de revenir sur la route pour les éviter. La technocratie  n'a pas de frontière! Il n'y a pas beaucoup de trafic mais c'est tout de même dangereux. A droite et à gauche de la route il y a des champs de maïs, de soja ou des pâturages à perte de vue. La grande majorité des animaux qui pâturent sont des zébus.

Le Paraguay est un petit pays de 7 millions d'habitants qui n'a pas d'accès à la mer. Il est bien plus pauvre que ses voisins mais la générosité est tout aussi grande. Un midi, j'achète une chipa pour le déjeuner dans une boulangerie. Je demande si je peux remplir mes bouteilles d'eau. La gérante me répond que l'eau courante est coupée . Le prochain village est à 50km et je n'ai plus d'eau. Mais avec cette chaleur j'ai vraiment besoin de boire. Elle m'offre généreusement une boutelle d'eau minérale de 2L . Parfois je me demande si les gens n'ont pas de la pitié pour moi : mes chaussures sont trouées, mon t-shirt est décoloré, mon short est rapé et je suis brûlé par le soleil. Mais c'est un choix, j'ai largement les moyens de changer, mais mon côté "écolo" me l'interdit. J'utiliserai mes vêtements jusqu'à l'usure complète !

J'arrive à Asuncion le 20 mars 2017, hébergé chez Hector et sa famille. En sa compagnie je nettoie mon vélo. Hélas il a la mauvaise idée de démonter mes moyeux et de changer la graisse. Il a l'habitude de le faire mais cette fois-ci, il se manque. Le lendemain en Argentine, après avoir traversé la frontière, mon moyeu avant s'ouvre. De la graisse sort et il prend du jeu. Je reviens au Paraguay pour essayer de régler mon problème mais le mal est fait. Je cherche désespérement à changer mes moyeux mais c'est mission impossible. Il n'y a que du matériel "chinois" ou du Shimano bas de gamme . La chance m'a abandonné au Paraguay, je fuis !!


Argentine

En Argentine, je visite tous les magasins de vélo dans les villes de Formosa et Resistencia : rien de qualité ! Un vain marathon. Heureusement, Paola m'aide. Elle téléphone partout et trouve des moyeux Shimano Deore à Rio Cuarto, à 1000km de ma position actuelle. C'est pas du XT ou SLX mais mieux que du "made in China". Je vérifie l'état des moyeux à chaque arrêt.  Je suis inquiet et il me tarde de changer mes moyeux. En 6 jours j'avale les 1000km. Je passe mes journées à rouler, entre 8 et 9 heures de selle et mes nuits à récupérer.
Je fais changer mes moyeux dans un petit cycle. L'atelier ne paie pas de mine. Ramon, le gérant est super sympa et en quelques heures j'ai de nouveau des roues capables d'avaler les kilomètres ! Sa mère en me voyant appelle la TV locale ( canal 13 rio cuarto). Quelques minutes d'interview et je passe dans le journal télévisé local du soir. Les argentins adorent les potins locaux diffusés sur la télévision locale. Le lendemain sur la route, les gens m'interpellent en me demandant si je suis "el loco de francés" (le fou de français) qui est passé à la télé la veille.

Je suis de nouveau chez la famille Carletti. Impossible de ne pas leur faire un petit coucou sachant que j'étais tout proche. Je répare les petits trous d'usure dans le sol de ma tente et de mes sacoches. Mon matériel commence à être bien usé .

Statistiques

Distance :  2842 km
Nb jours : 31
Nb jours de vélo : 23
Nb jours de repos : 8
Etape la plus longue : 237 m
Etape la plus courte :  26 km

Total depuis le début

Distance : 39399 km
Nb jours : 559
Nb jours de vélo : 375
Nb jours de repos : 184
Etape la plus longue : 257 km ( Australie, Nullarbor)
Etape la plus courte : 26 km
Plus haut col : 3832 m (paso Los Libertadores, Argentine-Chile)
Crevaison : 11
Rayon cassé roue arrière: 9 ( ancien vélo décathlon à 100€)
temp. max/min : 49°C ( Australie) / -8°C ( Australie)










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