28/04/2016

Australie : Sud, sud ouest, soleil dans le dos

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Darwin - Kununurra : 11 avril 2016 - 27 avril 2016


Darwin

Mon vol de Jakarta à Darwin se passe bien. J'avais prépayé mes bagages : 25kg de sacs et 25 kg de vélo. Sur la balance : 22kg et 21kg, parfait, pas de surtaxe.
Après une escale à Bali, j'arrive à 20h à Darwin en Australie. Mes bagages sont là et le carton du vélo n'est pas abimé, tout commence bien.
La douane australienne est réputée sévère et la liste des biens qui ne peuvent pas entrer dans le pays fait 20 pages A4. Pas de fruits, pas d'aliments contenant de l’œuf, ... J'ai pris mes précautions. Je n'ai pas de nourriture.
Je remplis le petit formulaire comme à chaque entrée dans un nouveau pays. Avec ses questions tordues : Avez-vous des objets avec de la terre dessus ? , ... je réponds non alors que certains de mes sacs ne sont pas vraiment propres. Je ne les ai jamais nettoyés. La douanière me pose des questions sur mon voyage en vélo mais aucun de mes sacs ou cartons n'est ouvert. Pas de vérifications du vélo, juste le scanner aux rayons X.
Je passe la vérification de mon passeport sans encombre. Tout est automatique: je glisse mon passeport dans la machine, elle me prend en photo et la barrière s'ouvre. Me voila en Australie.

Première étape : remonter mon vélo. Les portes bagages, les pédales et les roues, enlevées pour le vol sont remontées en une heure . Je rencontre un couple de cyclistes italiens qui part pour traverser l'Australie par le centre. On ne suit pas les mêmes chemins. Ils partent dans la nuit pour rejoindre un ami qui habite Darwin et moi je m'endors paisiblement sous les lumières éblouissantes du hall de l'aéroport. Entre les appels au mocro et les gens qui passent, je ne dors pas très bien.
Au petit matin, avec la forme d'un lendemain de soirée trop arrosée, je pars me balader dans la ville. Quel changement par rapport à l'Indonésie. Peu de trafic, la route est large et il y a des espaces sans âmes qui vivent. Génial.
Darwin n'a rien de sensationnel mais le calme, les parcs et le bord de mer lui donnent un peu de charme. Je pars faire les courses dans un supermarché. 4$ le kg de bananes, 5$ les tomates, tout est hors de prix. Du coup, je me recentre sur les classiques : muesli et flocons d'avoine. C'est pas cher, nourrissant et bon pour la santé. Je sais que dans les petites villes, c'est encore plus cher et que la prochaine ville avec un supermarché est à 400km. J'achète de la nourriture pour 5 jours. Principalement des paquets de 750g de flocons d'avoine à 1$75 et du muesli 600g à 3$. Un peu de pain et de nesquick chocolat, 25$, 5$/jour ( 3€50). Raisonnable.

Je roule  40km et je m'arrête chez Kingsley, un jeune homme de cinquante ans que j'ai contacté via Warmshowers. Je passe quatre jours chez lui à préparer mon voyage, manger, dormir et me remettre de cette petite maladie qui me colle à la peau depuis 5 jours. Je n'ai pas trop d’appétit, je me sens bien fatigué et les 45°C au thermomètre ne m'aident pas trop. Je rencontre Tim, un anglais de 30 ans parti de Londres il y a un an et en route pour la Nouvelle Zélande tout comme moi. Malheureusement nous n'avons pas le même trajet. Il passe par le centre et moi je vais plein ouest direction la région de Western Australia.

Plein sud, Katherine



Le 16 avril 2016 je pars direction Katherine 400km au sud avec quelques détours. 8 litres d'eau, beaucoup de nourriture, je suis chargé comme une mule. Kingsley m'accompagne sur les premiers 20km puis je me retrouve seul. Je vais en direction du parc national de Litchfield. Vide, voilà le mot qui convient à l'Australie. Sur les 115 km de mon parcours, pour ce premier jour, je n'aurai croisé qu'un minuscule village avec juste une pompe à essence.
La route est propre et silencieuse. Je n'avais jamais connu ça. En Asie ça n'existe pas. La route qui accède au parc par le nord n'est pas entièrement goudronnée. Les premiers 10km sont acceptables, je roule comme sur du goudron. Mais dans les derniers 10km, c'est l'enfer. La route est sablonneuse. Je suis obligé de pousser mon vélo, impossible de pédaler. Sous un soleil de plomb, 43°C à 15h, je suffoque. Pas encore totalement remis de ce mal qui me coupe l'appétit, je résiste comme je peux.
A 17h, en sueur, 6.5 litres d'eau au compteur, j'arrive dans le parc national de Litchfield. Je m'installe dans un endroit où le camping est autorisé, près d'une magnifique cascade. Je paye les 6.60$ pour ma tente et je prend une douche revigorante.
Il est interdit dans les parcs nationaux de dormir n'importe où. Il faut s'installer dans les "campgrounds". Ça coûte quelques dollars mais c'est ma première nuit, je respecte la "loi".
Flocons d'avoine au menu et je m'endors, fatigué, au soleil couchant. Je transpire abondamment jusqu'à 1h du matin. 30°C dans ma tente. Des hordes de moustiques, comme au pire moment de mon aventure finlandaise, essayent de rentrer dans ma tente, mais la moustiquaire est là pour les empêcher de me piquer. Par contre au matin ils sont toujours là. Je range ma tente en vitesse et sans déjeuner je prends la route.
La chaleur est pesante et je n'ai toujours pas d’appétit. La moindre petite montée m'épuise sous ce soleil.
Après 50km, le bain au pied des chutes de Florence me fait un bien fou. Je passe deux heures à me rafraichir. Les gens que je croise sur la route me disent bonjour, c'est cool. Et puis ce n'est pas comme si j'avais la main en l'air toute la journée. Je croise au maximum dix voitures par heure, en heure de pointe ☺.
Je passe ma deuxième nuit dans le bush, calme. Quasiment pas de trafic, le bonheur. La route direction Katherine au sud est presque toute plate et le paysage ne change pas trop. Arbres, hautes herbes, petit ruisseau sec, c'est presque désertique.
Au soir du troisième jour, je prends une petite route secondaire. Je pensais trouver de l'eau mais rien, tout est sec. A la seule maison que je croise je m'arrête. Deux énormes chiens m'entourent en hurlant jusqu'à que le propriétaire arrive. 1m60, 70 ans, long cheveux et barbe de 30 ans, il remplit mes bouteilles généreusement. Avant de repartir, il me demande où je vais. Je lui réponds, "je vais chercher un endroit pour dormir". Il m'invite spontanément et s'en suit une soirée inoubliable. Perdu dans le bush, cet ancien militaire de 70 ans vit seul sans électricité, ni eau courante. Juste des panneaux solaires et de l'eau de pluie comme eau potable. Il m'offre le thé et un repas succulent : légumes, fruit, pâté, gâteaux. Et pour finir, la séance cinéma. Un bon vieux western des années 70 en DVD. Merci Phil !!!
Je continue ma route vers le sud. Je vais mieux et je retrouve l’appétit. Je roule le matin entre 7h et midi, ensuite je m'installe à l'ombre pour lire jusqu'à la nuit tombée. Je fais des journées entre 80 et 100km, sans forcer. La route est plate.
J'arrive à Katherine le 20 avril après 5 jours de route et de piste.

Sud ouest, Kununurra



L'australien contacté via Warmshowers me fait faux bon. Je fais mes courses pour les 500 prochains kilomètres. Je recharge mon téléphone portable dans les toilettes publiques et je pars vers Kununurra, 515km à l'ouest. Je m'installe à la nuit dans une aire de repos gratuite et aménagée. Réservoir d'eau, poubelle et petit espace de camping. Le luxe !
Je rencontre un couple de français qui fait le tour de l'Australie en van.
La route jusqu’à Kununurra est plate à mourir. Le paysage ne varie pas trop, seul quelques baobabs et les Kimberleys me donnent l'impression de "changement". Mais pour pimenter mes journées ou plutôt mes nuits je dors dans des endroits interdits (parcs nationaux) ou dans des endroits payants sans payer. J'installe ma tente à la nuit tombée, 19h et je pars au petit jour à 7h. Sachant que dans ces provinces les rangers travaillent de 8h à 17h. Je suis tranquille. J'essaye de dormir dans des endroits gratuits, bush, aire de repos mais certaines fois c'est impossible. La distance jusqu'au prochain point d'eau est trop importante.
Pour parcourir ces 515 km, il m'aura fallu 6 jours. Certains avec 120 km, d'autres seulement 50km. Quand je ne roule pas, je lis. J'ai passé plusieurs après midi à lire dans des aires de repos. Ces lieux sont aussi un point de rencontre. Les voyageurs qui se baladent autour de l'Australie, s'arrêtent pour manger ou dormir. Je rencontre beaucoup de gens différents: des " vieux " en camping-car ou caravanes, des jeunes en van ou 4x4, filles et garçons. Toutes les nationalités sont représentées : Australien, Canadien, Allemand, Français, Italien, Belge, ...
Une chose est sûre, ils sont généreux comme jamais. Ils m'offrent des boissons fraiches, des fruits, des légumes, des gâteaux, des bières, du vin, ... Ils sont aux petits soins avec moi. Ils ont pitié du pauvre cycliste qui mange son bol de flocons d'avoine.
En arrivant sur Kununurra, je rencontre Sharon contacté via Warmshowers. Je passe deux nuits extraordinaires dans sa ferme du bout du monde. Je me ressource, fait du kayak, lave mes affaires, ...
Je prépare la suite de mon périple: 600 km de piste, sur la Gibb River Road en direction de Derby.

Sur la route



Le trafic sur la route est quasi nul. Je peux rouler une heure sans croiser personne. Les plus impressionnants sont les road trains. Un énorme camion, 3 à 4 remorques, plus de 40 m de long, lancés à plus de 100km/h, ça souffle fort ! Ceux qui arrivent en face me lancent des rafales qui me stoppent net, comme le Mistral. Ceux qui arrivent dans mon dos, les plus dangereux, me doublent à bonne distance.  Aucune frayeur jusqu'ici.
J'ai juste eu une mauvaise expérience avec un australien qui tenait un restaurant de bord de route (roadhouse). En me servant à son robinet extérieur, il est sorti en beuglant un charabia incompréhensible. J'ai juste compris que je devais fermer le robinet et que si je voulais de l'eau je devais lui acheter "ses" bouteilles de 1L à 5$. Radin !

Avec cette chaleur, plus de 35°C à 10h, je bois presque six litres d'eau par jour. Je transporte en permanence une réserve de 8 litres avec moi, afin de prendre une bonne douche ☺ . La distance entre les points d'eau varie énormément, de 20 km à plus de 120km. Je m'adapte, certains jours sont longs, d'autres très courts mais jamais ennuyeux. Même si les paysages ne changent pas tous les jours, les animaux sauvages sont très nombreux. Petits kangourous, oiseaux, serpents, ... Avec mon vélo je peux faire fuir un troupeaux de plus de 100 vaches alors qu'un road train ne les fait pas bouger d'un centimètre. L'odeur peut être ☺.

Statistiques

Distance :  1162 km
Nb jours : 17
Nb jours de vélo : 11
Nb jours de repos : 6
Etape la plus longue : 132 km
Etape la plus courte :  49 km

Total depuis le début

Distance :  13320 km
Nb jours : 211
Nb jours de vélo : 113
Nb jours de repos : 98
Etape la plus longue : 208 km ( 10h de selle, Chine)
Etape la plus courte : 43 km
Plus haut col : 3045 m (Yunnan, Chine)
Crevaison : 4
Rayon cassé roue arrière: 9 ( ancien vélo décathlon à 100€)

La Suite...

14/04/2016

Indonésie : Bali entre frères

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07 mars 2016 - 11 avril 2016

5 jours après mon arrivé à Jakarta chez mon pote La Meule, mon frère Bruno  et sa copine Lydia débarquent. Les valises remplies de culture française : pâtés, saucissons, ... Le tout arrosé de 51 !
On passe le week-end à Jakarta. On visite le peu de chose à voir et on expérimente la vie nocturne.
Le dimanche soir on prend le train de nuit direction Yogyakarta. Même en classe Executive, le train indonésien ce n'est pas la grande classe. La SNCF c'est grand luxe à coté. Heureusement le wagon est climatisé.
Presque sans avoir fermé l’œil de la nuit on arrive à 6h du matin bien fatigué.
Dans la foulée, on part visiter le temple de Borobudur. Datant du 9ème siècle, il est connu pour être le plus grand temple bouddhiste d'Indonésie.  Le temple qui est à la fois un stupa et un mandala est majestueusement posé sur une esplanade enherbée. Tout en haut du temple, la vue est sans pareille sur les montagnes environnantes couvertes par la jungle. Pas de regrets, la visite de ce lieu de pèlerinage est marquée de sérénité. Seul le prix de l'entrée est excessif : 260 000 rupiah ( 17€ ), 30000 rupiah pour les locaux. Mais nous avons droit  au café de bienvenue ☺
Nous sommes également allé visiter les splendides plages à 40km au sud. En ce jour de semaine et de surcroit pendant la saison basse, nous avons la plage pour nous tous seul. La baignade fut assez succinte à cause de grosses vagues qui balayent la baie. Au delà des 20 mètres, le reflux nous donne la sensation d'être happé vers le large par une force gigantesque. On se prélasse sur la plages, au calme, dans une petite cabane en bambou à l'ombre des cocotiers. C'était loin d'être désagréable !
Jakarta est le centre économique du pays et Yogjakarta le centre culturel. On s'attendait à quelque chose de plus original, peut être trop. La ville est banale, rien de sensationnel, aucun monument historique grandiose. Le centre ville est rempli d’hôtels et de boutiques.

Bali

Le moyen le plus simple de faire des longues distances en Indonésie est de prendre l'avion. Par contre il faut fermer les yeux sur les compagnies présentes dans la liste noire. 99 % des compagnies indonésiennes y figurent. On a fait comme si cette liste n'existait pas et pour 30€ et une heure de vol, on atterrit à Bali. Seb arrivé la veille de Bangkok, nous rejoint . En taxi nous partons pour Ubud à 40km au nord de l'aéroport.
On visite les curiosités de la ville avec notre Lonely Planet dans les mains.
Plage de Yogjakarta, Bali forêt des singes
La première étape est la forêt des singes, grand zoo à ciel ouvert peuplé uniquement par des macaquesqui n'ont pas du tout peur de l'homme. Un jeune singe saute même dans le dos de mon frère et il faut l'attraper à deux personnes par le cou pour le faire descendre.
Suite le lendemain matin par une ballade dans les rizières environnantes. Comme c'est la fin de la saisons des pluies, elles sont gorgées d'eau et les tiges de riz sont d'un vert éclatant. Ça nous fait un peu oublier la chaleur écrasante. Heureusement la piscine de notre hôtel est là. Un vrai bonheur après quatre heures de marche sous 35°C.
La petite cité d'Ubud est agréable. On peut tranquillement se balader à pied dans des rues bordées de trottoir, chose rare en Indonésie. Même si le centre n'est qu’hôtels, bars et boutiques, ça reste charmant et calme.
Après deux jours à Ubud on se dirige vers la station balnéaire de Lovina dans le nord de Bali. Toujours accompagné de notre fidèle guide.
Comme c'est la saison basse, les hôtels sont quasiment vides. Les prix sont facilement négociables, pour 10 à 15€ on trouve des chambres avec climatisation et piscine.
On passe trois jours au rythme de la ville, pas trop vite le matin et doucement l'après midi. On profite aussi de la joie de pouvoir boire une bière ou un rhum. En effet sur les îles de Java et Sumatra trouver de l'alcool requiert beaucoup d'effort, alors qu'à Bali grâce à la présence touristique c'est beaucoup plus simple.
Le matin du deuxième jour, au soleil levant, nous embarquons sur un bateau de pêcheur reconverti en transport touristique pour aller observer les dauphins, accompagné de plusieurs dizaines de bateaux. On a l'impression que tous les touristes de la baie se sont donnés rendez-vous ici. Néanmoins on aperçoit plusieurs bancs de dauphins, certains nous gratifiant même de sauts acrobatiques.
Comme à chaque jour suffit sa peine et qu'une activité par jour est largement suffisante, nous rentrons nous reposer à l'hotel. Le lendemain nous expérimentons les bains de souffre. Deux grandes piscines où coulent en continu de l'eau à 38°C chargée en souffre. Pas vraiment rafraichissant mais  excellent pour la peau parait-il .

Volcan Ijen

On quitte tous les quatre temporairement Bali pour la pointe "est" de la grande île de Java pour voir le volcan Ijen. Il est réputé pour son lac d'acide, ses flammes bleues jaillissant du cratère et ses porteurs de souffre qui se ruinent la santé pour gagner leur vie au prix de dangers quotidiens. Mais avant d'arriver à Banyuwangi, la ville au pied du volcan, il faut prendre le ferry: 6000 rupiah ( 0.50€ ), vraiment pas cher mais tellement long. De Bali on peut voir l'île de Java en face, ce n'est pas très loin. La traversée a duré trois heures: un heure pour traverser et deux heures d'attente en pleine mer avant qu'un quai se libère. L'organisation à l’indonésienne !
Le temps n'a pas la même valeur en Europe qu'en Asie.

Arrivé le soir à l’hôtel, on part en excursion au volcan à minuit afin d'apercevoir ces fameuses flammes bleues. Après une session remuante de 4x4 , c'est le bout de la route. Il nous reste un peu plus de 3km et 1000m de dénivelé pour atteindre le cratère à 2800m d'altitude. Mais cette fois-ci à pied en suivant notre guide. La montée est très raide, ce n'est pas une promenade de santé. Arrivé à mi-parcours l'odeur du souffre est insoutenable. On est obligé de porter des masques qui nous empêchent de respirer correctement mais au moins le souffre ne nous brule plus la gorge.


Arrivé au bord du cratère, on redescend à l’intérieur. Et là, on croise une file de galériens du souffre. Tous portent, deux paniers remplis avec plus de 70kg de souffre en équilibre sur une tige de bambou, sans masque et parfois avec des tongs aux pieds. Même en ayant l'habitude, on les entend respirer très fort. A les voir travailler on peut ressentir la difficulté du travail. Mais la plupart gardent le sourire.
Au plus profond du cratère, on aperçoit enfin ces gigantesques flammes bleues. Le feu crée un souffle et un bruit assourdissant, c'est magnifique. Certains galériens extraient le souffre du volcan avec une grande barre en fer et un maigre chiffon en guise de masque. Quel courage !
Au lever du jour, c'est la remontée au sommet du cratère pour apercevoir le lac acide. Il est recouvert de fumée qui noie la totalité du cratère. Fatigués mais content d'avoir vu ce volcan, on arrive à 8h du matin à l’hôtel pour aller vite dormir et se reposer de cette nuit blanche. En voyant ce spectacle de la nature, je pense à mon père qui rêve un jour de partir voir un volcan en éruption.

Jakarta le retour

Retour à Jakarta en avion. Vol annulé, aucune information sur les panneaux, aucun appel de la part de la compagnie, le retour a été épique. Mais on est rentré à temps pour que mon frère et sa copine puissent prendre l'avion direction la France.
Deux jours après mon frère, Seb s'en va vers Bali puis la nouvelle Calédonie.
Quant à moi, je passe deux semaines en compagnie de La Meule et de ses potes. Repos, restaurants, vie nocturne à Jakarta. Plus de 10 jours sensationnels, ça fait du bien de ne pas bouger tous les jours. Toutes les bonnes choses ont une fin, je m'envole ce lundi 11 avril pour le monde sauvage australien. Ça va me changer de l'Asie !!

La Suite...

18/03/2016

Indonésie : "Hello Mister" à Sumatra

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Dumai - Bakauheni  18 mars 2016 - 06 avril 2016

Traversée Est-Ouest

J'arrive au port de Dumai depuis Port Klang en Malaisie. Alors qu'en Malaisie tout était à peu près organisé, en Indonésie c'est l'opposé. Le quai est 2 mètres en dessous du niveau ou sont stockés les bagages. Les valises et autres effets personnels des passagers glissent sur une vulgaire planche en bois pour atteindre le quai. Tout le monde crie, c'est un brouhaha géant. Certains en viennent presque aux mains. Le déchargement de mon vélo est compliqué. Pas moins de 6 personnes pour le faire descendre sur le quai !
Après le passage obligé par l'immigration, me voilà en Indonésie avec un visa d'un mois payé 35 USD. Il me faudra étendre mon visa afin de pouvoir rester 60 jours dont 15 avec mon frère.

Je passe ma première nuit à Dumai chez un professeur d'anglais rencontré par l'intermédiaire d'un rabatteur présent sur le quai. En échange d'une nuit gratuite, je dois assister à ses cours d'anglais et échanger avec ses élèves. Une bonne entrée en matière afin de rencontrer les autochtones.
Le premier cours entièrement féminin est vraiment agréable. L'ambiance est détendue comme en atteste la photo.
Après ces discussions en anglais, je me souviens du calvaire enduré en cours d'anglais au lycée. J'imagine quelle serait la surprise de mon prof, s'il me voyait, lui qui avait mis sur mon bulletin scolaire de première: " à atteint son maximum" avec une note trimestrielle de 8 !
Après le deuxième cours à 21h, un des élèves m'invite à manger un bakso : des boulettes de viande accompagnées de nouilles et de légumes. Un repas fait de mets industriels: boulettes sans vraiment de goût et nouilles instantanées. Je suis un peu déçu. Heureusement le jus d'avocat est excellent.

Le lendemain je pars en direction de Padang afin de rejoindre le sud-est de l’ile par la côte ouest réputée splendide. Non sans appréhension car je sais que le trafic est à flux tendu sur les routes indonésiennes et que la plupart des gens vivent le long de la route. Ce qui m'inquiète pour trouver un endroit tranquille pour dormir. Ajouter à cela la saison des pluies avec des averses quotidiennes. Ma traversée de Sumatra ne semble pas simple.

Mes premiers kilomètres le confirment. Dans cette région où les palmiers à huile dominent le paysage, la route jusqu'à Pekanbaru n'est pas spectaculaire. De toute façon je n'ai pas le temps de regarder le paysage. Je tâche de survivre à ce flot continu de camions surchargés de fruits du palmier à huile. Les poids lourds remplis à ras-bord roulent comme des aliénés sans se soucier du petit cycliste que je suis. La main sur le klaxon ils me doublent en passant à 5 centimètres de mon guidon et quand ils laissent un espace suffisant, les scooters ne manquent pas de l'utiliser pour me doubler en même temps.
Je retrouve également les spectateurs routiers que je n'avais plus vu depuis le Cambodge. J'entends par ce terme, tous les commerçants ou badauds qui peuplent le bord de la route. Certains possèdent une petite bicoque quand d'autres n'ont qu'une planche en bois posée sur deux cailloux. Ils vendent quelques fruits ou légumes, des petits plats à base de riz, de l'essence conditionnée dans des bouteilles de coca, ... Ils passent la majorité de leur journée à regarder le ballet des voitures. Et ils ne manquent jamais l'occasion de me saluer d'un "hello mister" ou" hey mister". Rien que la première matinée j'ai dû en entendre plus d'une centaine. Certains essaient de me faire la conversation: "where do you go ?", " how are you ", ... Et je vous passe les phrases de ceux qui n'ont pas écouté en cours d'anglais : " what do you going ?", "how you", ...
Aux premières salutations de la journée je fais l'effort de répondre mais après plusieurs heures je suis saturé. Car malgré leur sourire et leur ton bon enfant, ils crient toujours comme des timbrés.
Route, scooter surchargé, fleuve de jungle
Après 100 km le premier jour, je suis content d'être toujours en vie. J'ai failli mourir mille fois sur ces routes étroites et remplies de nids de poules.
A midi, la pluie fait son apparition, je m'abrite à coté d'un restaurant en espérant que ça ne dure pas longtemps. Une petite dizaine d'enfants arrivent tout sourire, ils me parlent, me touchent et sortent aussi un dictionnaire, indonésien->anglais pour essayer de discuter avec moi. On se marre bien ! Après une heure, la pluie continue de tomber. Je pars manger au restaurant. Les propriétaires sont tout étonnés de voir un blanc ici. Je mange un mie goreng ( nouilles frites avec un œuf ) et la pluie ne cesse pas. Spontanément, à 14h, ils m'invitent à dormir. Le restaurant et leur maison ne font qu'un. J'accepte sans hésitation ! Je passe mon après midi à rigoler avec les enfants.
Le soir une bonne quinzaine de personnes viennent voir l'attraction. Une jeune fille me demandera même mon T-shirt pour avoir un souvenir ! Impossible d’accéder à sa demande car je ne possède que deux T-shirt: un pour la journée de route et un "propre" pour le soir.
Ce ne fut pas une soirée reposante mais le sourire et la générosité de ces habitants me réconcilie avec l’Indonésie

Au deuxième jour vers Pekanbaru, je quitte la route principale qui part en direction du sud de Sumatra, pour prendre la direction de Padang. Le trafic diminue un peu mais c'est toujours aussi dangereux. Les paysages changent puisque les champs de palmiers font place à la jungle et aux volcans. La route devient vallonnée et je fait la connaissance de mes premières montées indonésiennes. Pas de virage, pleine pente, jusqu'à 16 % sur plusieurs centaines de mètres, une chaleur de plus de 40°C au soleil et jusqu'à 90% d'humidité : éreintant !

Jungle, rizières et barbecue à la mosquée
Aux alentours de Bukittinggi, la route passe au milieu de deux volcans, le Singgalang et le Marapi. Ce dernier est connu pour être le volcan le plus actif de Sumatra. D'ailleurs son nom signifie la montagne de feu. Ces deux volcans culminent à plus de 2800 mètres d'altitude. Malheureusement ce jour là le temps est très nuageux. La vue sur les volcans est décevante. Je n'ai même pas pris de photo.

Comme attendu, trouver un endroit calme pour dormir relève du miracle. Il y a du monde partout. Pas un centimètre sans âme qui vive. Quand personne ne m'invite et que je ne trouve pas une cabane à l'abri des regards, la dernière solution est la mosquée. Avec plus de 200 millions de musulmans, l’Indonésie est le premier pays musulman du monde et les mosquées ne manquent pas.
Le troisième soir, je m'arrête dans une mosquée d'un petit village. Je discute avec quelques personnes qui parlent un peu anglais. On m'offre le café. Je joue au badminton, le sport national, avec le fils de l'imam. A la nuit tombée, après une bonne douche, la maman d'une jeune fille me prépare un diner délicieux : frites, riz, poulet, légumes, banane. Meilleur qu'au restaurant. La générosité de ces gens est presque gênante.
Le ventre plein, des amis du fils de l'imam arrivent. Ils parlent un bon anglais. On discute de tout et de rien. De la vie en France, en Indonésie, ... Professeur de plongée, il vivait confortablement jusqu'au jour ou il a dû tout arrêter pour un problème aux oreilles. Pas de sécurité sociale, aucune aide. Il a dû se débrouiller tout seul pour continuer à faire vivre sa famille. Il est maintenant paysan et survit difficilement avec quelques euros par jour. Dans ces moments là, on est gêné de profiter de la vie quand d'autres peinent à survivre.
On n'a pas fait que pleurer, j'ai joué un peu de guitare et surtout on a bien rigolé. A 1h du matin, on improvise un barbecue avec les poissons qu'ils avaient pêchés le matin même. La soirée s'est terminée à 3h ! Ma première nuit dans l’hémisphère sud restera inoubliable.

Après 5 jours de traversée est-ouest j'arrive à Padang, capitale de la région de West Sumatra, ville étudiante située au bord de la mer. Je rejoins Afif un jeune indonésien contacté via le réseau warmshower. Le soir même on part manger avec ses amis: nasi goreng ( riz frit ), saté ayam ( brochette de poulet sauce cacahuète) , ... Un régal. Un jour de repos et je repars direction Bakauheni en compagnie de Dennis. Un jeune allemand de 25 ans, parti en juin 2015 de Frankfurt. Il a traversé l'Europe, la Turquie, l'Iran, Oman, l'Inde et l'Asie du sud-est. Comme moi il se dirige vers l'Australie.

Dennis et Afif, enfants indonésiens le jour de mes 31 ans, plage sur West Sumatra

Entre mer et volcans

La route qui longe le littoral est magnifique. Coincée entre une chaine de montagne volcanique et la mer. On en prend plein les yeux. Les plus beaux paysages qui j'ai vu depuis le début de mon voyage. Rizières d'un vert magique, plages désertes, mer couleur lagon, volcans recouvert par la jungle. Ouah, sublime !
Les "hello mister" criés à se faire exploser les cordes vocales sont de plus en plus fréquents. Comme un coureur du tour de France. Certains nous gratifient juste d'un "hey", "oh", " how", ... Nous voyant au dernier moment, ils se sentent obligés de dire quelques choses mais c'est trop tard pour crier "hello" alors ils nous jettent ces mots monosyllabiques. C'est un réflexe !
Quand on s'arrête boire ou manger,impossible d'être tranquille. Entre les enfants qui arrivent par dizaines et les adultes qui nous regardent tel des extra-terrestres, on a rarement la joie d'avoir des pauses au calme. Le trafic routier est toujours aussi chargé, le silence n'existe pas.
Je n'ai jamais autant été pris en photo. Partout où on s'arrête les gens veulent nous prendre en photo. On devient les rois du selfie. Sur la route, des voitures nous demandent de nous arrêter pour faire des selfies. On accepte de temps en temps, mais on ne peut pas s'arrêter toutes les 5 minutes. Seulement pour les jolies filles ☺
Quand on passe à l'heure de la sortie des écoles, c'est l'hystérie collective, les "hello mister" fusent. Des jeunes filles nous crient : "I love you", " I kiss you", ... Avec Dennis ça nous fait bien rire.
On entend aussi le mot "bule", prononcé boulet. Ce mot désigne l'étranger blanc. Quand des enfants nous aperçoivent, ils crient se mot pour prévenir les copains aux alentours de notre arrivée.

Le soir, soit on dort dans une mosquée, soit on nous invite spontanément à dormir. La générosité des indonésiens est immense. Sur six nuits, avec Dennis on a été invité trois fois. Certains parlent quelques mots d'autres pas, mais cela ne nous empêche pas de discuter. On parle avec les mains.
Les personnes parlant anglais nous posent souvent les mêmes questions : "Est-tu marié", "quelle est ta religion", "pourquoi tu n'achètes pas une moto", "Pourquoi tu ne dors pas à l’hôtel" ... Ils ne comprennent pas pourquoi un homme de 31 ans n'est pas marié. Pourquoi un blanc se balade à vélo alors qu' il a assez d'argent pour s'acheter une moto. Leur répondre que je n'ai pas de religion particulière est quelque chose qui les dépasse. Toute personne doit avoir une religion: donc je suis chrétien !
Certains me demandent même si je n'est pas peur des fantômes quand je dors dans la forêt.

Après six jours avec Dennis, entre paysages somptueux, routes dangereuses, hospitalité indonésienne et mes 31 ans fêté dans une mosquée avec deux cupcakes et une dizaine d'enfants, nous nous quittons. Il a oublié sa batterie chez une famille et il doit la récupérer. Avec mon frère qui arrive dans dix jours à Jakarta et mon renouvellement de visa. Je ne peux pas me permettre de perdre une journée. Dommage sa compagnie et son rythmne de pédalage était parfait.

Plage de Sumatra, mes hôtes d'un soir
Je repars seul à l’assaut des routes indonésiennes. C'est toujours aussi splendide et dangereux. Des glissements de terrain emportent la moitié de la route mais tant qu'il reste au moins une voie, la "DDE" indonésienne n'intervient pas.
La chaleur est vraiment torride, 45°C à mon thermomètre en pleine après midi. C'est particulièrement difficile quand je me heurte à des montées à plus de 15%. Je bois entre six et neuf litres par jour. Et je ne pisse jamais la journée, seulement le soir. C'est dire si je transpire !
Pour remplir mes bouteilles, je m'arrête le plus souvent dans les mosquées. L'eau de pluie recueillie dans de petites citernes fait l'affaire. L'eau potable sortant du robinet n'existe pas. Et l'eau en bouteille est bien trop chère quand on boit presque dix litres par jour.

A Bengkunat je quitte la route en bord de mer pour rejoindre Bandar Lampung. Fini plage et cocotier, je traverse la fin de la chaine de montagne que j'ai suivi durant 10 jours. La route serpente dans la jungle. Quand le trafic est un peu moins dense j'entends le brouhaha que la jungle émet. Insectes, oiseaux, singes, tout le monde s'y met pour faire un boucan d'enfer !

La fin de mon parcours sur Sumatra n'est pas génial. Je rejoins la route principale et atteint le port de Bakauheni le 4 mars à midi. Pour 23000 rupiah ( 1.50€ ) j'embarque dans un cargo direction Merak situé sur l'île de Java.
Ma traversé de Sumatra a été une belle surprise. Malgré les dangers de la route j'ai pris beaucoup de plaisir. J'ai rencontré des indonésiens formidables, j'ai vu les plus beaux paysages d'Asie. En dépit d'une météo éreintante, 45°C, 60 à 90% d'humidité, une pluie quotidienne, cette île est superbe.

Île de Java

Avec 60% de la population vivant sur Java, soit 136 millions d'habitants. Cette île est la plus peuplé du monde, 1064 habitant/km², 10 fois plus que la France ☹
Le trafic est indescriptible. Pire que tout ce que j'ai vu depuis la Chine. Camions, voitures, scooters, la route jusqu'à Jakarta est un gigantesque bouchon de 150km. Ça klaxonne, ça double n'importe comment : l'anarchie.
Je survis à ce chaos et après un jour et demi de vélo j'arrive à Jakarta chez mon pote "la Meule".
Je profite de la semaine avant que mon frère n'arrive pour renouveler mon visa.
Quelle affaire ! Trois visites au bureau de l'immigration et cinq jours pour étendre mon visa de 30 jours supplémentaires.
Première visite, lundi : je remplis deux formulaires et je donne les papiers nécessaires : photocopie du passeport, ...
Deuxième visite jeudi : paiement de 355000 rupiah ( 24€), plus photo.
Troisième visite vendredi : je récupère mon passeport avec l'extension de mon visa.
La simplicité dans tout son art !

La bouffe

Je ne peux pas faire un article sans parler de nourriture. Car au final, le voyage en vélo se résume à rouler, manger et dormir !
Les plats indonésiens ne sont pas les meilleurs d'Asie. Les nouilles que j'ai mangées au restaurant, étaient toujours des nouilles instantanées. Pas terrible, mais frit avec quelques piments, ça se mange quand même.
La plupart du temps, matin et soir je mangeais du nasi goreng (riz frit) ou du nasi ayam goreng (riz blanc avec une cuisse de poulet frite). Ce n'est pas du trois étoiles mais ça nourrit bien.
Le longtong (cake de riz) avec soupe au lait de coco et quelques légumes, c'est vraiment bon. C'est le petit déjeuner des étudiants.
Pas de porc, pays musulman oblige. Les viandes les plus communes sont le poulet et la chèvre. Bœuf et mouton sont plus rare et beaucoup plus cher.
Les brochettes de poulets (sate ayam) avec leur sauce cacahuète sont excellentes.
Le prix de la nourriture est correct. Entre 10000 et 15000 rupiah (1€) le plat de nouille ou de riz dans les petits restaurants de bord de route.
J'ai également mangé beaucoup de petites fritures (gorengan): banane, légume, riz, ... À 1000 rupiah (0.06€) il ne faut pas s'en priver.
J'ai également goûté toutes sortes de cake de riz, du vert, au rouge en passant par le rose. Les colorants artificiels sont bien connus, même dans les marchés du bout du monde. Le riz cuit dans la feuille de bananier est excellent.
Les glaces ne sont vraiment pas chère et plutôt de bonne qualité. 5000 rupiah (0.30€) le "magnum indonésien". Avec Dennis on ne s'est pas privé, je n'ai jamais autant mangé de glace !

Je n'ai pourtant pas explosé mon budget puisqu’avec 3 à 5 € par jour j'assouvissais tous les désirs de mon estomac.

Au milieu selfie le jour de mes 31 ans

Statistiques

Distance :  1937 km
Nb jours : 18
Nb jours de vélo : 17
Nb jours de repos : 1
Etape la plus longue : 176 km
Etape la plus courte :  78 km

Total depuis le début
Distance :  12158 km
Nb jours : 159
Nb jours de vélo : 102
Nb jours de repos : 57
Etape la plus longue : 208 km ( 10h de selle, Chine)
Etape la plus courte : 43 km
Plus haut col : 3045 m (Yunnan, Chine)
Crevaison : 4
Rayon cassé roue arrière: 9 ( ancien vélo décathlon à 100€)
La Suite...

04/03/2016

Malaisie : soleil brulant et moustiques assoiffés

2 comments
Wang Prachan - Kuala Lumpur : 11 février 2016 - 18 février 2016
Rien de plus facile que d'entrer en Malaisie. Un tampon et me voilà autorisé à rester 3 mois. Je cherche rapidement un bureau de change mais je n'en trouve pas. Je ne m'attarde pas le temps est compté. De toute façons j'ai des nouilles instantanées pour au moins 4 jours. Tant que j'ai de la nourriture tout va bien ☺.
Je pars sans un ringgit en direction de Kuala Lumpur. Ces premiers kilomètres en Malaisie sont vraiment sympas. Route bien goudronnée, collines, singes, lézards au bord des routes. Ces animaux restent très sauvages. Tant que je parcours la route en vélo ils ne bougent pas, dès que je m'arrête pour faire une photo c'est la fuite immédiate. Je n'arrive pas à les photographier.
La suite est moins drôle. A partir de 11h le soleil brule. Il fait plus de 40°C. La route devient plate et ennuyeuse. Des champs de palmiers à huile à perte de vue. Et puis mon régime nouilles instantanées ne me réjouit pas trop. Après 150km  je m'arrête le premier soir dans une mosquée.
La plupart des malaisiens parlent bien l'anglais qui est enseigné dans toutes les écoles et qui sert de moyen de communication interethniques. Cela permet de discuter facilement avec la plupart des gens. D'ailleurs le premier soir beaucoup de musulmans venant à la mosquée s'arrêteront discuter quelques minutes avec moi.
La mosquée a plusieurs bons cotés : on rencontre du monde, on peut prendre une douche, ... Mais aussi quelques inconvénients, les appels à la prière le soir à 21h et le matin à 5h. Le long repos nécessaire après une journée de vélo est vite interrompu ☹

Bronzage, nouilles chips, nuit maison abandonnée
Les jours suivants je retrouve les bonnes vieilles habitudes : le squat des cabanes et des maisons abandonnées sur le bord des routes pour dormir. Seul problème et de taille: les moustiques. Dès qu'ils me repèrent, terminé la tranquillité. Ils se ruent sur moi par dizaines. Les vêtements ne leur font pas peur et leur agilité leur permet d'éviter les coups de mains rageurs ! Ce sont les moustiques les plus féroces et véloces que je n'ai jamais vu. Dans les champs de palmiers, le temps de monter la moustiquaire et de prendre la douche je reçois des dizaines de piqures. Ajouter à cela une chaleur étouffante et une humidité de 80% qui m'empêche de faire sécher mes vêtements durant la nuit.  Merci le calvaire tropical.

En quatre jours j'abats les 600km qui me séparait de Kuala Lumpur. 1700km depuis Bangkok en 11 jours. Je suis dans le bon timing pour rejoindre mon frère début mars à Jakarta. Je franchis également la barre des 10000 km depuis Pékin !
 Arrivé dans la capitale, je trouve enfin un bureau de change ouvert. Je me paye un bon repas et prends un hôtel miteux à 5€ en dortoir.
Je passe ces quatre jours à me reposer, manger ☺ et visiter un peu la capitale. Parc, centre commerciaux, quartiers communautaires ( Chinatown,...), rien de merveilleux ☹.
J'essaye également d'obtenir un visa de 2 mois en Indonésie. Sans succès, l'ambassade d'Indonésie à Kuala Lumpur refuse de me le délivrer sous prétexte que je peux avoir un visa d'un mois renouvelable 30 jours à la frontière. P... d'administration, je vous hais !!!

10000km, chaleur, tour Petronas
Le 18 février 2016 je quitte la capitale direction Port klang afin de prendre le bateau pour Dumai en Indonésie. 120 Ringgit plus 20 pour mon vélo ( 140 Ringgit = 30 € ), la traversée en bateau express n'est pas donnée !
Confortablement allongé sur les sièges, je passe les 3 heures du trajet à regarder deux films de série B diffusés sur les TV du bateau. A 14h je débarque à Dumai. Le déchargement des bagages et de mon vélo se fait dans le KO le plus total. Tout le monde crie, certains en viennent presque aux mains. Bienvenue en Indonésie !

Route inintéressante, chaleur brulante, humidité, moustiques. Impossible de trouver un bureau de change ouvert. Régime nouilles instantanées. La Malaisie "c'est pas le pied".
La côte ouest manque de charme. Tout est trop bien carré, comme en Europe. Fini les petits vendeurs de bord de route, les villages fait de bois et de tôles, tout est bétonné ou dédié à la culture des palmiers à huile. Heureusement les malaisiens sont sympas.

Statistiques

Distance :  612 km
Nb jours : 8
Nb jours de vélo : 4
Nb jours de repos : 4
Etape la plus longue : 190 km
Etape la plus courte :  90 km

Total depuis le début
Distance :  10223km
Nb jours : 141
Nb jours de vélo : 85
Nb jours de repos : 56
Etape la plus longue : 208 km ( 10h de selle, Chine)
Etape la plus courte : 43 km
Plus haut col : 3045 m (Yunnan, Chine)
Crevaison : 4
Rayon cassé roue arrière: 9 ( ancien vélo décathlon à 100€)
La Suite...

20/02/2016

Thailande : plages, temples et contre la montre

11 comments
Bangkok - Wang Prachan : 04 février 2016 - 11 février 2016
Mes parents repartent en France, Sébastien reste à Bangkok. Je pars seul avec mon nouveau vélo en direction de la Malaisie. La sortie de Bangkok est presque un calvaire. Fort trafic, bouchons, je respire des gaz d'échappement pendant plusieurs heures. A quand la voiture électrique pour tous !
La reprise n'est pas facile, j'ai passé deux mois avec Sébastien sur les routes du Laos et du Cambodge puis 15 jours avec mes parents, le retour à la solitude est toujours un peu triste 😠. Mais je sais que ça ne dure que quelques jours, le temps de s'adapter. Heureusement les temples bouddhistes sont un vrai réconfort. Après 100km le premier jour sur une route plate sans grand intérêt, je m'arrête dans un temple pour la nuit. Douche, coucher du soleil au bord de mer, seul les moustiques me gâchent un peu la soirée.

Le lendemain je repars avec l'objectif de faire 150km par jour. En effet mon frère sera à Jakarta en Indonésie début mars. Plus de 3000km à faire en 1 mois, le contre la montre est lancé.
Je longe la mer et la frontière birmane en passant par des routes secondaires. Les paysages sont vraiment exceptionnels, plages désertes, salins, champs de palmiers à huile, forêt tropicales. Les thaïlandais sont toujours aussi souriants et les mets délicieux qu'ils préparent me régalent tous les jours.

Nils, salins et plages
Le 3ème jour je rencontre Nils, un Suisse de 30 ans parti en mai 2015 de Berne. Il a traversé l'Europe de l'Est, l'Asie Centrale, l'Inde et la Birmanie en vélo et pris un peu l'avion pour éviter les zones de conflit. 
On roule ensemble trois jours dans les régions de Prachuap Khiri Khan et de Chumphon qui sont encore protégées du tourisme de masse. On partage notre temps entre plages désertes, temples et bières ☺ Le vent de dos nous permet de faire les 150km par jour sans trop forcer. Même si mes jambes sont un peu fatiguées après deux semaines sans vélo.

Je quitte Nils aux alentours de Surat Thani. Les paysages changent puisque je quitte le bord de mer en direction des régions de Trang et de Satun. D'immense champs de palmiers à huile et de caoutchouc bordent la route. Je passe toujours mes nuits dans les temples. A Trang, je m'arrête dans le temple Wat Nikhro Tharam, le moine Sunggard est d'une générosité sans précédent. Il m'offre le café et pas moins de 20 sachets de nouilles instantanées et autant de briques de lait de soja. Il m'offre un petit déjeuner copieux et me donne un panier rempli de riz, curry, gâteaux. La matin du départ j'en ai presque les larmes au yeux. Merci infiniment.

Temples, routes et mon short après 8500km

J'arrive près de Satun le 10 février2016. Cette région est fortement déconseillée par le ministère des affaires étrangères français. Mais la vie est plutôt paisible et le sourire sur le visage des gens est présent partout. Pas de barrage militaire, ni de contrôle de police, tout est calme. En discutant avec les locaux j'apprendrais que la région de Satun est sans danger. Par contre les régions de Yala, Pattani et Narathiwat peuvent être dangereuses en raison du conflit entre les insurgés musulmans et la junte militaire thaïlandaise qui fait chaque année plus de 500 morts ☠. 

Près de Satun le dernier soir je passe la nuit dans le temple Wat Pattanaram. Pra Dongdong 55 ans a tout quitté il y a 30 ans pour devenir moine. Il m'apprend que je suis le 6ème cycliste à passer dans son temple. A la pointe de la technologie avec son smartphone, on échange nos pseudos sur le service de chat Line. Nous voila amis pour la vie ☺
Chaque pays a ses préférences, en chine c'est Wechat, en Thailande Line, en France Whatapps, ....

J'assiste à la prière ou plutôt aux chants du soir. A la fin les femmes m'invitent pour le repas du soir en ville. 5 femmes pour moi tout seul ☻.   Au menu rôti ( crêpes) sucrées et salées : légumes, bananes, miels, ... et thé glacé.
Le périple en Thailande se finit comme il avait commencé: invité par des locaux à partager le repas du soir. 

Le 11 février 2016 je me présente devant le petit poste frontière de Wang Prachang. Perdu au milieu de collines cette frontière à l'avantage de n'être que très peu fréquentée. Pas d'attente, un tampon et me voilà hors de Thaïlande.

Route, temple et Nils de dos
J'ai apprécié ce pays comme aucun autre. Les gens sont souriants, la nourriture est excellente et variée. C'est plutôt bon marché. On mange pour 1€ dans la rue. La religion bouddhiste invite au respect et au bonheur. Les moines sont des personnes exceptionnelles. J'ai eu trop peu l'occasion de les remercier chaque matin car ils partent au petit jour pour la "quête" et rentrent après que je sois parti. 
Au Laos j'ai rencontré un anglais de 50ans qui me disait que la Thaïlande est un paradis perdu. Nostalgique de ses voyages dans les années 90, il était déçu du changement. C'était mieux avant me disait-il. Peut être, mais hors des sentiers battus la Thaïlande reste magnifique à mon gout.

1068 km en 7 jours, 150 km de moyenne. Ce rythme soutenu tétanise mes jambes. La fatigue s'installe ☹

Statistiques

Distance :  1068 km
Nb jours : 7
Nb jours de vélo : 7
Nb jours de repos : 0
Etape la plus longue : 176 km
Etape la plus courte :  100 km
Pas de casse avec mon nouveau vélo :) 

Total depuis le début
Distance :  9611km
Nb jours : 133
Nb jours de vélo : 81
Nb jours de repos : 52
Etape la plus longue : 208 km ( 10h de selle, Chine)
Etape la plus courte : 43 km
Plus haut col : 3045 m (Yunnan, Chine)
Crevaison : 4
Rayon cassé roue arrière: 9 ( ancien vélo décathlon à 100€)
La Suite...