25/09/2016

Australie : Entre mer et montagne

2 comments

24 août 2016 - 25 septembre 2016 : Warragul, Sydney, Brisbane

1°C, brouillard, le froid est toujours présent fin août. Quelques jours de plat et de routes quelconques avant d'arriver à Bairnsdale. Deux choix s'offrent à moi : suivre la côte ou traverser les montagnes en plein hiver. La voie de la sagesse ou de l'adversité.
En regardant mes mains je me dis: évite le froid.
Ma main gauche est enflée avec quelques marques d'engelure et douloureuse au toucher. Les journées froides et pluvieuses en sont responsables. Mes moufles "étanches" ne résistent pas à plusieurs heures de pluie ☹. Je n'ai ressenti ni le froid, ni une quelconque douleur.
Ça fait longtemps que je n'ai pas vu la neige et le dénivelé me manque. Je décide de partir pour 300km de versants enneigés. Je vais en profiter pour tester mon matériel avant d'affronter le froid en Nouvelle-Zélande et en Patagonie.

La route monte progressivement et 150km plus loin quand j’atteins des altitudes de plus de 1000m j'aperçois les premiers névés. Le soleil brille mais les températures descendent au fur et à mesure que je progresse. -8°C, ce matin là, ma tente est gelée, mon vélo est couvert de givre et des glaçons flottent dans mes bouteilles d'eau. Il est six heures du matin, le soleil se lève, les sardines en aluminium me collent aux doigts et une fois mes affaires prêtes, j'enfourche mon vélo moufles aux mains. J'arrive à la station de ski de Mount Hotham, les gens me regardent d'un air bizarre. N'ont-ils jamais vu un cycliste en short en hiver à la montagne ? Je ne prends pas le temps de les questionner, le vent se lève, il ne faut pas que je traîne. J'atteins le col à 1808 m. Je change de versant et de temps: brouillard, vent, pas de quoi profiter de la descente ☹. Malgré mes moufles, après 15km de descente j'ai les doigts gelés. Mais il fait meilleur et je profite des toilettes publiques d'un petit village à 600m d'altitude pour me réchauffer les mains. Le soir, ma tente est toujours gelée et je prends une bonne douche avec une bouteille d'eau à moitié glacée.



Les montagnes sont derrière moi, la suite n'est qu'une succession de collines sur une route calme au milieu de paysages plutôt beaux à mes yeux. Le printemps pointe le bout de son nez et les premières fleurs apparaissent.
Je continue mon parcours à 200km des côtes. Je me dirige vers le nord, les Blue Mountains et Sydney. "Tu verras, en septembre le temps change d'un coup, le soleil et la chaleur chassent l'hiver". Voilà ce que m'ont promis les australiens quand j'étais dans le froid et la pluie aux alentours de Melbourne. Sauf que cette année c'est: pluie, pluie et pluie. Le ciel me tombe sur la tête jusqu'à Sydney.
Je m'achète une tenue de pluie style "ciré" pour me protéger un peu mieux. Pour ménager mes mains, je me fabrique des manchons  en coupant les jambes du pantalon que je fixe sur le guidon. Et ça se révèle efficace. Les jours de pluie succèdent aux jours de pluie. Et puis certains jours je suis malchanceux : il est 17h, la nuit tombe, la route est longée de barbelés. Je n'ai pas le choix, j'ouvre la porte non cadenassée d'un champ où les moutons pâturent. Propriété privée ? Je ne sais pas et je m'en fous, je veux juste dormir à plus de 100 mètres de la route. J'essaie de me cacher et je m'endors comme un bébé après cette longue journée. La pluie commence à tomber dans la nuit et au petit matin c'est le déluge. Je plie ma tente et range mes affaires sous une pluie glaciale. Toute la journée, elle tombe, pas d'accalmie. Je suis obligé de suivre la route principale, pas de route alternative. Les voitures et camions me doublent sans interruption. Je roule sur la bande d'arrêt d'urgence, jonchée de morceaux de verre, de boulons, ... Et donc je crève ! Je change la chambre à air et je repars. Le soir venu, je plante ma tente derrière un engin de chantier. Je n'ai pas trouvé mieux. La pluie s'arrête mais le vent se lève et ma tente claque toute la nuit ☹. Journée de merde ! Heureusement mes sacoches sont 100% waterproof et j'ai toujours des affaires "sèches" pour passer la nuit. Mais au petit matin avec des températures de 5°C, il faut remettre les vêtements mouillés de la veille.

"Ce qui ne te tue pas te rend plus fort" disait Nietzsche.
J'espère que c'est vrai.
Mano Solo qui chantait "j'ai vécu si fort que j'ai tué ce corps, fondu, désintégré en plein élan" ne s'applique pas à mon cas ☺

Tous les jours ne sont pas comme ça. A Albury, sous un beau soleil de printemps, je rencontre Rex et sa petite famille. Je passe un moment à discuter et ils m'offrent un café ainsi qu'un casse-dalle. Certains soirs quand je suis hébergé, c'est un bonheur de discuter autour d'une bière avec un bon repas chaud, de prendre une douche chaude et de dormir dans des draps propres.



J'atteins les Blue Moutains dans le froid et la pluie. Dommage, l'envie de visiter les alentours ne me vient même pas à l'idée. J'ai une seule envie, rejoindre la côte pour avoir des températures plus clémentes. Avant d'atteindre Sydney, je passe une nuit au chaud chez Pat et Tania, un couple d'australiens débordant de générosité. Je repars dimanche matin après avoir dégusté deux magnifiques croissants français ☺ Direction Sydney à 70km à l'est.

Rentrer et sortir d'une grande ville est toujours inintéressant et bruyant. Sydney ne déroge pas à la règle. Je ne suis pas fan des villes, mais il parait que Sydney est une ville magnifique. Ce n'est pas faux. Je fais mon touriste durant quelques heures. Je visite l'Opéra et l'Harbour Bridge. Puis je sors de ce vacarme pour retrouver la tranquillité du bush australien.
Je suis la côte jusqu'à Port Macquarie. Les plages de sable blanc sont belles à contempler et le soleil est de retour.
J'en profite pour prendre de vraies douches au bord des plages, raser ma barbe de deux mois et me reposer en regardant des surfeurs essayant de dompter les vagues. Mais il y a trop de monde à mon goût, trop d'interdictions: pas de camping, pas de feu, pas de chien et beaucoup trop de trafic pour profiter des joies du bord de mer.
Je décide de rentrer dans les terres pour retrouver le calme des petites routes sinueuses et le camping au bord des rivières avec de la belle pelouse pour dormir confortablement. Je me réveille à l'aube avec le chant des oiseaux.
Même si la météo est capricieuse, les températures sont agréables même à 1000m d'altitude près d'Armidale. Les journées de pluie, je ne porte pas de kway, trop chaud, je transpire. Juste short et T-shirt. Je suis trempé mais je n'ai pas froid. Et le soir venu je n'ai pas besoin de prendre de douche ☺


J'évite au maximum les routes principales et prends les routes de campagnes en passant par Grafton, Kyogle, Beaudesert et Kilcoy. C'est vallonné, vert et j'aperçois les premiers arbres exotiques: banane, avocat, ... Il fait 25°C, le soleil brille, je bronze de nouveau ! J'arrive le 22 septembre à Morayfield, 50km au nord de Brisbane. Je suis hébergé chez Brownyn et Darryl, un couple de retraité rencontré il y a quelques mois à l'ouest de l'Australie. Je me relaxe avant de m'envoler pour la Nouvelle-Zélande.

Statistiques

Distance :  2674 km
Nb jours : 33
Nb jours de vélo : 28
Nb jours de repos : 5
Etape la plus longue : 129 km
Etape la plus courte :  33 km
Crevaison : 3

Total depuis le début

Distance : 25232 km
Nb jours : 262
Nb jours de vélo : 239
Nb jours de repos : 123
Etape la plus longue : 257 km ( Australie, Nullarbor)
Etape la plus courte : 26 km
Plus haut col : 3045 m (Yunnan, Chine)
Crevaison : 10
Rayon cassé roue arrière: 9 ( ancien vélo décathlon à 100€)
temp. max/min : 49°C ( Australie) / -8°C ( Australie)
Jason et son pote au nord d'Albury




La Suite...

25/08/2016

Australie Sud : du vert, du vent et des villes

5 comments

25 juillet 2016 - 23 aôut 2016  Ceduna - Port Lincoln - Adelaide - Melbourne - Warragul

En route vers le sud direction la péninsule d'Eyre et la ville de Port Lincoln. Le climat hivernal est toujours présent avec de la pluie, du vent et des températures aux alentours de 10°C à midi. Les paysages sont verts. Le brouillard du matin couvrant les collines et les petits lacs me fait penser aux paysages écossais. A la tombée de la nuit, j'utilise mon réchaud à bois pour me réchauffer et cuire de délicieux spaghettis.
A Port Lincoln, je retrouve la douceur d'un toit pour le week-end, accueilli chaleureusement par Graham et Karen un couple d'une soixantaine d'années ardents triathlètes. J'assiste à mon premier match de football australien confortablement assis, au chaud dans la voiture de Graham. Quelle surprise ! Les tribunes du stade de football sont séparées en deux: un coin pour les voitures et un autre pour les "piétons". Le dimanche sous un grand soleil je participe à ma première course d'orientation, suivi d'un formidable diner avec les membres du club de triathlon. Deux jours bien remplis, d'activités et de rencontres ☺

Je remonte vers le nord pour sortir de la péninsule et atteindre Adelaïde. Je me fais arrêter par la police car je ne porte pas mon casque. Ils me donnent un avertissement verbal et repartent avec le sourire des représentants de l'ordre ayant accompli leur devoir !
Comme j'ai le temps et que le me manque de dénivelé me donne des fourmis dans les jambes, je choisis de passer par une chaine de petites montagnes les Flinders Ranges. L'Australie est trop plate à mon goût. Je rencontre de formidables australiens qui m'accueillent gracieusement et j'atteins Adelaïde le 12 août 2016. L'entrée dans les grandes villes est toujours désagréable. Trop de trafic et de bruit.
Je passe le week-end chez Kathy et Tony. Deux jours bien remplis: pub, bières et pizzas le vendredi soir. Je rencontre un "Manager" qui a produit un groupe de rock de Marseille qui écume régulièrement les scènes australiennes et néo-zélandaises nommé harmonic generator. Le monde est petit. Le samedi, visite de quatre brasseries avec plus de deux litres de bières au compteur avant de rejoindre l'ovale d'Adelaïde et d'assister à un match de football australien entre Melbourne et Adelaïde. L'ambiance est bonne enfant, pas de séparation entre les supporters des deux équipes. Le jeu lui même est très dur, mais dans les tribunes les gens sont "civilisés", contrairement aux "sauvages" présents dans les stades de football français.
L'Australie est immense et les gens ne s'agglutinent pas dans des tours de béton. Adelaïde est une ville très étalée, composée de quartiers résidentiels: pas de barres d'immeubles immondes mais de belles plages à l'ouest et quelques buildings dans le quartiers des affaires.



Je continue ma route vers l'est direction Melbourne avec quelques belles journées ensoleillées pour mon plus grand plaisir. Au détour d'une petite route juste avant Millicent j'aperçois un vieil homme marchant au loin. En arrivant à sa hauteur je lui crie un "hello" pour le saluer. Plongé dans ses pensées je le surprend et lui fait presque peur. Je m'arrête et on discute plusieurs dizaines de minutes, échangeant nos histoires respectives. Voici la sienne : Il s'appelle Peter Tripovich. Il est vétéran de la Royal Australian Air Force et ancien agriculteur. Il fait partie de ces héros presque anonymes qui forcent le respect. Il a 90 ans et fait le tour de l'Australie à pied afin de lever des fonds pour la fondation International Children’s Care, une association de soutien aux enfants en difficulté.  Il est parti de Melbourne il y a quelques années. A cause de problèmes familiaux il a dû faire une pause forcée. A ses débuts il couvrait plus de 50km par jour mais depuis qu'il a repris sa marche, il y a quelques mois, il se limite à 40km, la faute à une cheville douloureuse. Pas si mal pour son âge ! ☺. Il a presque terminé son tour d'Australie. Plus que quelques centaines de kilomètres. Un rien, après avoir fait plus de 14000km !
Je lui souhaite bonne route et je repars sur mon vélo.

Plutôt que de me diriger directement vers Melbourne je fais un détour par la Great Ocean Road. Une route qui longe le bord de mer sur plus de 240km. Cette route très touristique est parcourue par des cars bondés de touristes chinois. C'est la première fois que j'en rencontre autant depuis que je suis en Australie.
Je profite quand même de cette magnifique route sinueuse, un des plus bel endroit d'Australie que j'ai vu. Mais il ne faut pas oublier que c'est l'hiver, et les pluies glaciales gâchent quelque peu ces beaux paysages.


Je traverse Melbourne sous la pluie pour ne pas changer. Je suis actuellement hébergé chez Michael et Kath à Warragul, 100km à l'est de Melbourne. Leur fille Mave me fait bien rire et le curry préparé par Michael est excellent. Demain je pars direction Sydney.

Statistiques

Distance :  2372 km
Nb jours : 30
Nb jours de vélo : 27
Nb jours de repos : 3
Etape la plus longue : 154 km
Etape la plus courte :  129 km
Crevaison : 1

Total depuis le début

Distance : 22606 km
Nb jours : 229
Nb jours de vélo : 211
Nb jours de repos : 118
Etape la plus longue : 257 km ( Australie, Nullarbor)
Etape la plus courte : 26 km
Plus haut col : 3045 m (Yunnan, Chine)
Crevaison : 7
Rayon cassé roue arrière: 9 ( ancien vélo décathlon à 100€)
temp. max/min : 49°C ( Australie) / -5°C ( Mongolie)


La Suite...

02/08/2016

Australie : Nullarbor Plain

2 comments


Norseman - Ceduna : 18 juillet 2016 - 24 juillet 2016
Depuis que j'ai posé le pied à Darwin j'entends parler de Nullarbor. Tous les "nomades" qui parcourent l'Australie décrivent cette zone comme longue et ennuyante. Elle a la particularité de posséder la plus longue ligne droite d'Australie: 146km, tout droit, pas la moindre courbe. Nullarbor est situé sur le Great Australien Bight avec le Great Victoria Desert au nord. Cette zone s'étend sur 1200km d'est en ouest. C'est un paysage entre toundra et maquis dans un climat aride et semi-aride.
La route qui traverse cette région se nomme la Eyre highway. Ce nom provient du premier européen Edward John Eyre qui l'a traversée en 1841 et qu'il décrit de la manière suivante : a hideous anomaly, a blot on the face of nature, a sort of place one gets into bad dreams: «une anomalie hideuse, une tache sur le visage de la nature, le genre d'endroit qu'on pénètre dans les mauvais rêves». Ce n'est pas aussi terrible qu'il le prétend mais ce n'est sûrement pas le plus bel endroit d'Australie.

Après avoir vécu des jours et des jours de pluie depuis un mois, je pensais avoir un moment de répit. Faux ! Je pars de Norseman, la ville la plus à l'ouest de Nullarbor sous la pluie et avec un vent de face. Il ne fait pas trop froid, 10°C mais c'est désagréable. Les road trains, ces immenses camions me trempent littéralement. La quantité d'eau qu'ils soulèvent est titanesque. La douche est garantie. Ça ne me donne pas envie de m'éterniser dans ce désert. De toute façon je n'avais pas prévu de traîner. Il n'y a aucune ville sur le parcours, juste des road houses (station-service). J'ai 10 jours de nourriture dans mes paniers, je dois faire au moins 120km par jour. Je roule de l'aube au crépuscule. La pause déjeuner est vite expédiée, je passe la journée sur la selle.
A partir du deuxième jour, le vent souffle assez fort et principalement dans mon dos. Les jours de vent de face je parcours 120km et les jours de vent de dos plus de 200km. Une journée de grand vent j'ai parcouru 257km en neuf heures. Le vent était tellement fort, que sans effort j'avais l'agréable sensation de voler.
La pluie m'accompagne tous les jours. J'ai la poisse. Je n'ai vu le soleil qu'une demi-journée. Un des rares moments où j'ai pu prendre des photos.
Paysages monotones, météo exécrable, les journées sont longues, la chanson de Tryo tourne en boucle dans ma tête. C'est la première fois depuis que j'ai enfourché mon vélo en octobre 2015 que ce sentiment est aussi fort.


Seul l'approvisionnement en eau m'inquiétait. Je suis parti avec 18L, tout en sachant que les road houses sont éloignées au maximum de 200km mais sans garantie de pouvoir remplir gratuitement mes bouteilles. Avec la mauvaise météo, je ne buvais que 3L par jour et mes réserves se sont révélées largement surdimensionnées. J'ai pu remplir mes bouteilles dans chaque road house. Et sur les quatre derniers jours, je n'ai vécu que sur mes provisions.

Les levers et couchers du soleil dans le désert sont toujours de superbes moments. Quand il ne pleuvait pas, la lumière orange et diffuse sur les nuages était simplement magnifique. Sur les 1200km, à mon goût, seule une section vaut le détour. Sur quelques dizaines de kilomètres la route suit des immenses falaises surplombant l'océan. Beautiful comme dirait les australiens ! Mais le fort vent ce jour là m'a empêché de pouvoir profiter tranquillement de cette beauté.
Quelques jours plus tard j'ai fait la course contre 4 chameaux sauvages qui longeaient la route à plus de 18km/h. Avec un vent de face, je n'ai pas réussi à tenir le rythme plus de 20km. J'ai perdu ☹ et les chameaux se sont éloignés.
Mais ce sont les deux seuls bons moments avec la rencontre de Brownyl et Gerald. Ce couple d'une cinquantaine d'année m'a offert une soirée délicieuse. Steaks et légumes au feu de bois, café, ... La générosité australienne est toujours de mise.
Une dernière anecdote. J'ai franchi la barre symbolique des 20000km !

Après sept jours j'arrive à Ceduna, la fin de Nullarbor. En guise d'accueil je me fais attaquer par un magpie, une sorte de pie. Toujours venant de derrière l'oiseau a essayé à plusieurs reprises de m'attaquer à la tête, sans réussir à me toucher. J'ai juste senti le souffle de ses ailes. Certains cyclistes accrochent des pics sur leur casque pour se protéger pendant la saison des amours, la période où ces oiseaux peuvent être agressifs,.

Je suis fatigué physiquement mais mentalement aussi. Avec plus de 8h par jour de vélo, le corps et l'esprit ont besoin de repos. Quand j'ai quitté la Chine en octobre 2015, je voulais faire chaque jour 100km, c'était le minimum que je m'autorisais. Mais en Australie j'ai appris à aller doucement, ne faire que 50km par jour ne me dérange plus. J'étais un cycliste qui voyageait et maintenant je suis un voyageur qui se déplace à vélo. Ça fait toute la différence.

La suite du programme australien est floue. Je vais me diriger vers les grandes villes du sud-est : Adelaïde, Melbourne, Sydney, ... Sans itinéraire précis je vais me balader pendant deux mois dans la région la plus peuplée d'Australie. Une chose semble certaine, je m'arrêterai à Brisbane, fin septembre pour m'envoler vers la Nouvelle Zélande.

Selection des selfies "compteur" pour fêter mes 20000km

Statistiques

Distance :  1230 km
Nb jours : 7
Nb jours de vélo : 7
Nb jours de repos : 0
Etape la plus longue : 257km
Etape la plus courte :  121 km

Total depuis le début

Distance : 20234 km
Nb jours : 299
Nb jours de vélo : 184
Nb jours de repos : 115
Etape la plus longue : 257 km ( Australie, Nullarbor)
Etape la plus courte : 26 km
Plus haut col : 3045 m (Yunnan, Chine)
Crevaison : 6
Rayon cassé roue arrière: 9 ( ancien vélo décathlon à 100€)
temp. max/min : 49°C ( Australie) / -5°C ( Mongolie)


La Suite...

18/07/2016

Australie : l'hiver au bord de mer

1 comment

Augusta - Norseman : 02 jin 2016 - 17 juin 2016

Je quitte Sara, Bruce et le village d'Augusta me dirigeant vers Norseman, la porte d'entrée de Nullarbor. Le soleil me réchauffe le corps et l'esprit. Que c'est bon ! Les 15 derniers jours il était plutôt timide. Je roule toute la journée avec un ciel bleu azur et un grand sourire. La route est vallonnée et bordée de grands arbres. Le soir, après avoir installé ma tente et pris une douche sommaire, je rassemble du petit bois afin d'utiliser mon réchaud. 300ml d'eau frémissent après 10 minutes. Je cuis une carotte et de l'ail avant de verser un grand verre de semoule. Un régal ! Manger chaud au milieu de cette forêt froide et humide me revigore. Je me couche avec l'odeur de fumée qui a imprégné mes vêtements.
Le troisième soir je suis hébergé chez Simon et Lucina à Manjimup, mais je ne les verrai pas. Ils sont en voyage en France. Paul un ami proche prend soin de leur maison durant cette période et c'est avec un grand sourire qu'il m'accueille. Le frigo est plein, j'ai la maison pour moi tout seul. Leur petite demeure au milieu des pommiers à perte de vue est magnifique. Ils produisent 2 millions de pommes par an.
Après une nuit au coin de la cheminée, je repars dans le froid. Les grands arbres que j'apprécie tant cachent le timide soleil. La température est de 5°C à midi. Autant vous dire que la pause déjeuner est vite expédiée. Les journées comme celle-là, je roule en me languissant de retrouver mon duvet, bien au chaud dans ma tente.

En arrivant à Denmark je suis époustouflé par le bord de mer. Une côte sauvage agrémentée de plages somptueuses et baignée d'une eau de couleur turquoise. Difficile de se baigner, l'eau est à 17°C et la température extérieure ne dépasse pas les 15°C. Je passe une journée entière à arpenter les chemins sinueux de la côte. Je passe même une nuit dans une aire de camping gratuite à 20 mètres de la mer. Le bruit des vagues me berce toute la nuit. Dommage qu'il pleuve ☹
Sur la route d'Albany je rencontre Nick, un australien, moitié randonneur, moitié cycliste. Après avoir passé 30 jours sur les chemins du Bibbulmun, un sentier de marche sur la côte ouest australienne, il se balade en vélo afin de rejoindre un autre sentier. Plutôt que d'acheter un ticket de bus, il a acheté un vélo d'occasion à 15$.  Il s'est surnommé Princess Warrior, en hommage à la couleur rose de son vélo. On passe 2h à discuter et rigoler, un sacré numéro ce Nick !
A Albany la dernière ville avant Nullarbor, je suis hébergé chez Chris et Justin. Le grand luxe, j'ai un étage à moi tout seul, chambre, salle de bain, toilettes, salon avec TV. Chris et Justin sont simplement sensationnels. Entre les repas délicieux et les apéros (bières, gin, ...), je suis aux anges. J'aurai même le désagréable privilège de voir la défaite de la France contre le Portugal en finale du championnat d'Europe de football à trois heures du matin. J'ai également fait mon "petit touriste" et en leur compagnie je suis allé visiter quelques beaux endroits au bord de mer: "The Gap" de grandes falaises abruptes et le "Natural Bridge" un pont de pierre surplombant la mer. Je ne me suis pas trop éternisé devant ces merveilles, il pleuvait  ☹




La route jusqu'à Esperance n'a pas été exceptionnelle. Chaque jour est un combat contre la pluie, le vent et le froid. Heureusement la générosité australienne est infinie. Assis sur un banc au milieu de l'esplanade d'Esperance, je déguste un délicieux sandwich à la confiture et au beurre, lorsque Marc, un cycliste m'interpelle et discute quelques minutes avec moi. Puis il s'en va rejoindre son lieu de travail, avant revenir et m'offrir une nuit dans son humble demeure. Je le connais depuis même pas 5 minutes et il m'invite chez lui. Grandiose. Avant d'attaquer l'apéro et le diner, je pars visiter les plages réputées les plus belles d'Australie. J'en prends plein les yeux avant de revenir chez Marc pour une soirée mémorable. Bières, diner, glaces, chocolats, bonbons, ... On regarde le DVD "The Trail of Genghis Khan". L'histoire d'un australien, Tim Cope,  parti de Mongolie jusqu'en Hongrie à cheval sur la route des grands nomades de jadis. Simplement magnifique. Ensuite c'est le Tour de France en direct. Les Australiens sont plutôt fans de l'épreuve.
Un petit déjeuner copieux (pain, oeufs, saucisses, haricots et café) et me voilà parti vers Norseman avec les paniers remplis de nourriture pour 12 jours. Espérance est le dernier "village" où la nourriture est abordable avant de traverser Nullarbor. Mes paniers sont remplis d'avoine, de raisins secs et de semoule. 17 AUD (dollars australiens) pour 12 jours. Je n'ai pas explosé le budget ☺

10 juillet 2016: ça fait un an jour pour jour que je suis parti avec mon sac à dos. Quatre mille kilomètres en autostop, deux cents de randonnée à pied, huit mille en train et bus, puis environ dix-huit mille kilomètres en vélo, au total j'ai parcouru environ trente mille kilomètres soit les trois-quart de la circonférence de la terre.
Au quotidien je n'ai pas l'impression de faire un parcours hors du commun, mais avec le recul je me rends compte que je dois relever chaque jour, chaque semaine, de nouveaux défis pour m'adapter à l'environnement des pays que je traverse. Et c'est ça l'aventure !
  
En Australie la lutte contre les éléments est quotidienne, chaque jour est un nouveau challenge. Sur la route de Norseman, le vent de face est si fort qu'il me faut plus de 7h pour faire 90km. La pluie se joint au vent le deuxième jour. Après une journée de bataille, je m'effondre dans mon duvet à 17h et me réveille le lendemain à 7h du matin. Je n'ai même pas la force de lire, mon corps a besoin de repos. Heureusement le bush australien est très reposant la nuit, même à quelques dizaines de mètres de la route. Le trafic est quasi nul.

18L d'eau, 10 jours de nourriture, me voilà prêt à traverser Nullarbor, environ 1200km d'ouest en est de calcaire sans aucun arbre ni eau. C'est le dernier désert de mon périple australien.

Statistiques

Distance :  1236 km
Nb jours : 16
Nb jours de vélo : 13
Nb jours de repos : 3
Etape la plus longue : 130 km
Etape la plus courte :  34 km

Total depuis le début

Distance : 19014 km
Nb jours : 292
Nb jours de vélo : 177
Nb jours de repos : 115
Etape la plus longue : 208 km ( 10h de selle, Chine)
Etape la plus courte : 26 km
Plus haut col : 3045 m (Yunnan, Chine)
Crevaison : 6
Rayon cassé roue arrière: 9 ( ancien vélo décathlon à 100€)
temp. max/min : 49°C ( Australie) / -5°C ( Mongolie)




La Suite...

01/07/2016

Australie : Pluie, vent et froid et décor inattendu

5 comments

Geraldton - Augusta : 09 juin 2016 - 01 juillet 2016

Je pars au petit matin de Geraldton, direction Augusta, plein sud. 5°C au thermomètre, heureusement le soleil brille. Le vent glacial qui vient de face me gèle les mains. Il n'est pas très fort aujourd'hui. Quand je vois les Eucalyptus penchés à 90°, je me sais chanceux. Le vent peut souffler très, très fort et se plier est le seul moyen pour les arbres de survivre.
Je suis la route côtière, le paysage est magique: plages, dunes de sable et petits arbustes. La route est vallonnée pour mon plus grand plaisir. Quelques montées ça ne fait de mal. Je passe mes nuits dans les aires de repos. Il y a souvent des tables et des toilettes. Ça suffit à mon bonheur. Manger assis sur un banc plutôt que par terre me remplit de joie. Il en faut peu pour être heureux ☺
Je rencontre partout les "great travellers", ces australiens qui parcourent leur pays au volant de leurs caravanes. Toujours souriants et accueillants, ils partagent souvent leurs bières et leur diner. Ça casse la solitude, remplit mon esprit et mon estomac.

En arrivant sur Perth, une ville d'un million d'habitant, le trafic s'intensifie. Je quitte la route côtière et je rentre dans les terres direction Northam. Fini les plages, je retrouve les collines avec moutons, vaches et chevaux. Un soir dans le bush, à la tombée de la nuit, j'entends du bruit "boom, boom, ... ", je sors de ma tente pour voir et j'aperçois des dizaines de kangourous sautant par dessus les barbelés. Certains s'arrêtent, me regardent et continuent leur chemin par petits sauts. Je n'aurais jamais cru qu'ils pouvaient se déplacer en troupeau dans un tel vacarme.

En s'éloignant de la côte, les routes sont calmes. Tous les villages traversés possèdent des toilettes publiques ou des fontaines. Je peux remplir mes bouteilles, plus besoin de me charger avec des litres d'eau. Il y a des villages tous les 50 km maximum où je peux me ravitailler facilement en nourriture. Mon régime en ce temps hivernal se compose de pain de mie, beurre, confiture et beurre de cacahuète. Hyper calorique mais mon tour de taille n'a pas pris un centimètre.
Le temps n'est pas des plus clément: pluie, vent et froid tous les jours. Ma veste imperméable ne résiste pas à plusieurs heures de pluie. Pour rester au sec j'utilise le K-way en plastique acheté à 1$ en Indonésie. Je fais comme les sherpas qui accompagnent les alpinistes en Himalaya. Les vestes à 200$ en Goretex des riches européens ne résistent pas longtemps aux pluies diluviennes. Par contre le sac poubelle sur les épaules des sherpas reste imperméable.
10°C le matin et 15°C l'après midi, la douche froide avec une bouteille d'eau n'est pas très agréable. Mais après une journée de vélo, elle s'impose. Quand on voyage, les jours de froid on boit et on se lave à l'eau froide et les jours de chaleur on boit et on se lave à l'eau chaude ☹
De temps en temps, je trouve via le réseau Warmshower ou Couchsurfing une âme généreuse pour m'héberger. Une douche chaude et un dîner me font le plus grand bien. C'est aussi l'occasion de laver mes affaires, échanger nos histoires et partager le quotidien. Les australiens travaillant dans les mines sont moroses. Avec le prix du fer et du nickel et des matières premières qui baissent, beaucoup d'employés sont remerciés. L'âge d'or semble être terminé.

J'ai expérimenté ma première crevaison au petit matin à 5°C. Les mains gelées, le caoutchouc raide, une très mauvaise demi-heure. Je m'en serais bien passé. Deux crevaisons en 8500km, ce n'est pas beaucoup mais toujours trop et au mauvais moment: en pleine chaleur dans le désert sans ombre pour se protéger ou dans le froid du sud ouest australien ☹



Au sud de Perth, la végétation devient plus dense. Le paysage est rempli de forêt avec des arbres de plus de 25 mètres. Le soir ma tente semble minuscule au milieu de ces géants. Leurs troncs noircis par les incendies me rappellent que dans le sud-ouest australien les étés doivent être très chauds. Autour des villages, il y a des vergers: pommes, poires, oranges, ... et des vignes.
Après plusieurs semaines dans le nord désertique et chaud, je n'aurais jamais imaginé que l'Australie puisse être froide et pluvieuse ! D'après les australiens que j'ai rencontré, le début de l'hiver est rarement aussi pluvieux. Sans doute les effets d'"El Nino".
Je suis à Augusta, au chaud hébergé chez Sara et Bruce. Sara est nurse et Bruce travaille au phare du cap Leeuwin, le point le plus au sud ouest de l'Australie où l'océan Indien rencontre l'océan Austral. Il fait partie des trois grands caps que franchissent les marins partis pour un tour du monde avec le cap de Bonne-Espérance et le cap Horn. Je me repose avant d'affronter de nouveau le froid .
Demain direction Espérance et Norseman. Ma route change, direction plein est.

Nouveau matériel

Mon équipement est usé après presque un an. Surtout celui qui n'était pas neuf au départ le 10 juillet 2015. J'ai changé ma tente ( hilleberg akto ), ma batterie de recharge pour mon téléphone, remplacé mon sac à dos par un sac fourre-tout étanche (ortlieb PS490 59L ). J'ai acheté un panneau solaire (RAVPower 15W foldable), une liseuse (tea touch lux 3), une popote en titane (toak titanium 750ml pot), un réchaud à bois (vargo hexagone titane), un mini rétroviseur ( zefal spy mirror) et un feu arrière ( cateye rapid mini tail light). Ca m'a coûté une blinde ☹

Une petite perle du bac 2016 pour finir :
Pour perdre du poids, Alice ferait mieux d’aller faire un footing plutôt que de faire des mathématiques avec moi dans une salle d’examen.
Alors éteignez votre ordinateur et allez respirer un peu d'air frais !

Statistiques

Distance :  1213 km
Nb jours : 23
Nb jours de vélo : 17
Nb jours de repos : 6
Etape la plus longue : 138 km
Etape la plus courte :  26 km
crevaison : 1 roue arrière

Total depuis le début

Distance : 17778 km
Nb jours : 276
Nb jours de vélo : 164
Nb jours de repos : 112
Etape la plus longue : 208 km ( 10h de selle, Chine)
Etape la plus courte : 26 km
Plus haut col : 3045 m (Yunnan, Chine)
Crevaison : 6
Rayon cassé roue arrière: 9 ( ancien vélo décathlon à 100€)
temp. max/min : 49°C ( Australie) / -5°C ( Mongolie)




La Suite...